Critique | l’OSM sur l’Esplanade du Parc olympique : une joie contagieuse

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Le 13 août dernier, l’Orchestre symphonique lançait la 12e édition de son festival La Virée classique, toujours à l’Esplanade du Parc olympique. Ce concert d’ouverture, placé sous le thème de la Nature spectaculaire, accueillait un vaste public sous un ciel dégagé. Une nuée d’oiseaux, dans une formation en V, s’est jointe à l’interprétation de l’air de Gounod, « Ah Lève-toi, soleil! », illustrant un peu plus le ravissement devant le spectacle charmant de la nature. Pour l’occasion, l’OSM s’était attiré un invité de marque : le ténor Pene Pati, que certains comparent à Pavarotti.

Photo : Antoine Saito.

Disons-le tout de suite, le chanteur était diminué. Était-ce l’accumulation des concerts à son agenda, un inconfort au niveau de l’appareil vocal ? Quoi qu’il en soit, il n’a pas inspiré la solidité, se réfugiant souvent dans une voix de fausset pour économiser ses forces. Ça peut donner de beaux effets dans Gounod, mais certainement pas dans Puccini. Si le final de « Nessun Dorma » a été mieux négocié que celui de « Che Gelida manina », il n’en reste pas moins que M. Pati a eu tout le mal à canaliser son vibrato. 

L’ouverture de Guillaume Tell de Rossini était la seule autre pièce « romantique » du programme. Les violons, menés par Andrew Wan, ont particulièrement brillé, et ce n’était qu’un début ! Les attaques et la cohésion de l’ensemble de la section des cordes a été remarquable tout au long de la soirée. Grâce à la qualité supérieure de l’orchestre, Rafael Payare peut se permettre un répertoire audacieux, qui sort du carcan de la musique classique, tellement vivant et ouvert sur le monde, mais encore fallait-il avoir l’idée d’un programme pareil, encore fallait-il avoir toute l’énergie des musiciens sur scène. 

Goodwin Friesen. Photo : Antoine Saito.

On écoutait Kauyumari de Gabriela Ortiz, le deuxième mouvement de la Symphonie de la tempête du verglas de Maxime Goulet, le finale de la Symponie no 2 de Theodorákis avec le sourire aux lèvres. Quand le pianiste Goodwin Friesen s’est joint à l’OSM pour cette pièce du compositeur grec, l’ambiance est montée d’un cran. On sentait la passion, l’extase de l’artiste né pour faire ce métier. Il était dans son monde, mais il nous donnait qu’une seule envie, c’était de le suivre ! Le public aura la chance de le réentendre à deux autres concerts, le 16 août, dans la Sinfonietta de Theodorákis, dans une ses propres compositions ainsi que dans le Trio no 1 de Chostakovitch. 

La soirée de lancement, mercredi, s’est achevée sur le troisième mouvement de La mer de Debussy, où l’on a bien senti les effets de houle. En rappel, l’OSM a interprété la « Marche hongroise » extraite de La Damnation de Faust de Berlioz, comme un avant-goût du concert d’ouverture de saison qui aura lieu les 17 et 18 septembre prochain. Là encore, le relief, l’amplitude, qu’arrivent à générer les musiciens sous la direction dynamique du maestro est phénoménale. 

Prochain concert, vendredi 15 août, à la Maison symphonique avec, au programme, Les Planètes de Gustav Holst.

12e édition de la Virée classique. Du 15 au 17 août à la Place des arts et dans le Quartier des spectacles. Pour toute la programmation des concerts en salle et des activités gratuites, visitez le https://www.osm.ca/fr/viree-classique-2025/

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A propos de l'auteur

Justin Bernard est détenteur d’un doctorat en musique de l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur la vulgarisation musicale, notamment par le biais des nouveaux outils numériques, ainsi que sur la relation entre opéra et cinéma. En tant que membre de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM), il a réalisé une série de capsules vidéo éducatives pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Justin Bernard est également l’auteur de notes de programme pour le compte de la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal et du Festival de Lanaudière. Récemment, il a écrit les notices discographiques pour l'album "Paris Memories" du pianiste Alain Lefèvre (Warner Classics, 2023) et collaboré à la révision d'une édition critique sur l’œuvre du compositeur Camille Saint-Saëns (Bärenreiter, 2022). Ses autres contrats de recherche et de rédaction ont été signés avec des institutions de premier plan telles que l'Université de Montréal, l'Opéra de Montréal, le Domaine Forget et Orford Musique. Par ailleurs, il anime une émission d’opéra et une chronique musicale à Radio VM (91,3 FM).

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