Critique de disque | Primum Opus, Voces Domini; Alta Caelis

0

This page is also available in / Cette page est également disponible en: English (Anglais)

80%
80%
  • Alta Caelis
    4
  • User Ratings (1 Votes)
    5

Primum Opus

Voces Domini; Jean-Claude Picard, chef et compositeur

Alta Caelis, 2024

Sous l’étiquette Alta Caelis, la série Musica Sacra in Ecclesia présente son premier enregistrement de musique sacrée telle qu’elle a été chantée pendant des décennies à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec. Cet album, intitulé Primum Opus, inclut du répertoire grégorien et des motets polyphoniques à quatre voix d’hommes sous le thème de l’Ascension du Christ et de l’Immaculée Conception, interprétés par l’ensemble Voces Domini. Le chef de chœur, Jean-Claude Picard, ajoute au programme des pièces de son cru, aux côtés d’autres œuvres de compositeurs québécois, comme Denis Bédard, et de quelques pièces de circonstance pour orgue.

Les deux premières pistes, aux sons des cloches et de L’introït grégorien de L’Ascension de Viri Galilaei, nous plongent dans un état de recueillement et de grande spiritualité. Les voix du chœur sont rondes, chaleureuses, notamment dans des pièces liturgiques plus récentes comme le Jubilate Deo de Carlo Rossini.

Denis Bédard est bien représenté au début de l’album, mais parfois, son langage plus moderne, qui confine au romantisme, ne s’articule pas tout à fait avec le style des chants grégoriens du Moyen-Âge. Ses pièces auraient mérité d’être regroupées en un seul bloc, comme c’est le cas pour le Sanctus, Notre Père et Agnus Dei (pistes 8 à 10). Le Sanctus, avec ses riches harmonies, est particulièrement bien songé. Dans l’ensemble, les pièces « modernes » sont très agréables à l’oreille, notamment grâce au bon mélange et à la plénitude des voix du chœur. 

Le deuxième volet de l’album, consacré à l’Immaculée Conception, débute par un chant grégorien d’une grande élégance, suivi d’un Kyrie inspiré de Jean-Claude Picard. Celui-ci est attaché au style déclamatoire, ce qui favorise le bon enchaînement entre les différentes pièces. Il en va de même pour le Salve Regina de Rossini, magnifique hommage à la musique du passé. Mentionnons enfin un autre petit bijou de Denis Bédard, cette fois pour orgue, qui rappelle les harmonies de Gabriel Fauré.

This page is also available in / Cette page est également disponible en: English (Anglais)

Partager:

A propos de l'auteur

Justin Bernard est détenteur d’un doctorat en musique de l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur la vulgarisation musicale, notamment par le biais des nouveaux outils numériques, ainsi que sur la relation entre opéra et cinéma. En tant que membre de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM), il a réalisé une série de capsules vidéo éducatives pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Justin Bernard est également l’auteur de notes de programme pour le compte de la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal et du Festival de Lanaudière. Récemment, il a écrit les notices discographiques pour l'album "Paris Memories" du pianiste Alain Lefèvre (Warner Classics, 2023) et collaboré à la révision d'une édition critique sur l’œuvre du compositeur Camille Saint-Saëns (Bärenreiter, 2022). Ses autres contrats de recherche et de rédaction ont été signés avec des institutions de premier plan telles que l'Université de Montréal, l'Opéra de Montréal, le Domaine Forget et Orford Musique. Par ailleurs, il anime une émission d’opéra et une chronique musicale à Radio VM (91,3 FM).

Les commentaires sont fermés.