{"id":999524,"date":"2021-11-17T14:51:27","date_gmt":"2021-11-17T18:51:27","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/la-scena-musicale-team\/critiques-de-concerts\/"},"modified":"2021-11-17T14:51:27","modified_gmt":"2021-11-17T18:51:27","slug":"critiques-de-concerts","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/la-scena-musicale-team\/critiques-de-concerts\/","title":{"rendered":"Critiques de Concerts"},"content":{"rendered":"<p>Par Justin Bernard, Natasha Gauthier, Arthur Kaptainis, Denise Lai, Dino Spaziani<\/p>\n<h3>La Nef \/ Myriam Leblanc \/ Sylvain Bergeron<\/h3>\n<p>Le 2 octobre<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-999510 size-full\" src=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/La-Nef-2-oct-photo-Justin-Bernard.jpeg\" alt=\"\" width=\"702\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/La-Nef-2-oct-photo-Justin-Bernard.jpeg 702w, https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/La-Nef-2-oct-photo-Justin-Bernard-300x144.jpeg 300w, https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/La-Nef-2-oct-photo-Justin-Bernard-600x287.jpeg 600w\" sizes=\"(max-width: 702px) 100vw, 702px\" \/><\/p>\n<h4>Ce que vous avez manqu\u00e9<\/h4>\n<p>Par la douceur de sa voix, Myriam Leblanc nous a plong\u00e9s d\u2019embl\u00e9e dans une atmosph\u00e8re intimiste. Dans <em>J\u2019avais cru qu\u2019en vous aimant la douleur serait extr\u00eame<\/em>, d\u2019un compositeur anonyme, on a pu admirer son talent artistique, sa musicalit\u00e9 et sa technique adapt\u00e9e parfaitement \u00e0 la musique ancienne, avec notamment le traitement vocal des appoggiatures. Dans <em>Vos m\u00e9pris, chaque jour<\/em>, d\u2019un certain Michel Lambert, elle a fait parler son excellente diction. \u00c0 l\u2019\u00e9couter, cette pi\u00e8ce ressemble beaucoup stylistiquement au c\u00e9l\u00e8bre duo <em>Pur ti miro<\/em> du <em>Couronnement de Popp\u00e9e<\/em> de Claudio Monteverdi.<\/p>\n<p>Ont suivi des pi\u00e8ces solos de la m\u00eame p\u00e9riode, interpr\u00e9t\u00e9es par Sylvain Bergeron \u00e0 la guitare baroque. Son jeu, tout en nuance et en subtilit\u00e9, a laiss\u00e9 les cordes de l\u2019instrument vibrer pleinement.<\/p>\n<h4>L\u00e0 o\u00f9 \u00e7a coince<\/h4>\n<p>Au fil de la soir\u00e9e, Myriam Leblanc a eu beau nous pr\u00e9senter, certes brillamment, chacune des pi\u00e8ces, l\u2019absence de feuillets imprim\u00e9s rendait le tout difficile \u00e0 retenir, \u00e0 absorber, et donnait surtout l\u2019impression d\u2019un pot-pourri.<\/p>\n<p>Sa voix se pr\u00eatait plus ou moins bien aux chansons fran\u00e7aises de Brel et de Barbara. En effet, la rondeur tr\u00e8s polic\u00e9e du chant classique fait difficilement bon m\u00e9nage avec le c\u00f4t\u00e9 souvent \u00ab\u00a0\u00e9corch\u00e9 vif\u00a0\u00bb du chansonnier belge. Cela passe mieux avec le temp\u00e9rament plaintif de la dame en noir, mais on reste loin de l\u2019intensit\u00e9 et de la profondeur de Barbara. <strong>JB<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<h3><em><br \/>\nRCM \/ Follies in Concert<\/em><\/h3>\n<p>16 octobre, Koerner Hall<\/p>\n<p><strong> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-999511 size-main-full\" src=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Follies-Photo-Lisa-Sakulensky-courtesy-of-The-Royal-Conservartory-Koerner-Hall-1050x516.jpg\" alt=\"\" width=\"702\" height=\"345\" srcset=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Follies-Photo-Lisa-Sakulensky-courtesy-of-The-Royal-Conservartory-Koerner-Hall-1050x516.jpg 1050w, https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Follies-Photo-Lisa-Sakulensky-courtesy-of-The-Royal-Conservartory-Koerner-Hall-164x82.jpg 164w\" sizes=\"(max-width: 702px) 100vw, 702px\" \/><\/strong><\/p>\n<h4>Ce que vous avez manqu\u00e9<\/h4>\n<p><em>Follies in Concert<\/em> mettait en vedette une distribution enti\u00e8rement canadienne compos\u00e9e de vedettes du monde de la com\u00e9die musicale\u00a0: Cynthia Dale a interpr\u00e9t\u00e9 avec justesse le r\u00f4le principal de Phyllis, am\u00e8re de sa vie malheureuse aupr\u00e8s d\u2019un mari qu\u2019elle n\u2019aime pas. Elle \u00e9blouissait par sa voix s\u00e9duisante et ses mouvements de danse, notamment dans les num\u00e9ros phares <em>Could I Leave You?<\/em> et <em>The Story of Lucy and Jessie<\/em>.<\/p>\n<p>Ma-Anne Dionisio jouait l\u2019autre r\u00f4le principal f\u00e9minin, celui de Sally qui se languit de Ben, son ancien amour. Sa voix douce rappelait celle de la jeune Kim dans son r\u00f4le le plus embl\u00e9matique, laissant le public en redemander toujours plus. Eric McCormack jouait le r\u00f4le de Buddy, le mari de Sally. Ses interpr\u00e9tations comiques ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement efficaces dans son interpr\u00e9tation de <em>The Right Girl<\/em>.<\/p>\n<p>L\u2019un des moments forts de la premi\u00e8re partie a \u00e9t\u00e9 Charlotte Moore, dans le r\u00f4le de Carlotta, qui a chant\u00e9 <em>I\u2019m Still Here<\/em> avec sa voix puissante et son sens th\u00e9\u00e2tral. Autre moment marquant, un joli duo en deuxi\u00e8me partie avec Mary Lou Fallis dans le r\u00f4le de Heidi face \u00e0 Katelyn Bird, une soprano prometteuse dans la version plus jeune du m\u00eame personnage.<\/p>\n<p>Les autres membres de la troupe r\u00e9unis sur sc\u00e8ne donnaient l\u2019impression d\u2019\u00eatre de vieux amis passant un bon moment ensemble. Mention honorable \u00e0 Gabriel Antonacci, Tess Benger, Andrew Broderick et Kimberly-Ann Truong, qui jouaient les versions plus jeunes des personnages principaux. Les femmes semblaient surpasser leurs homologues masculins sur le plan vocal.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>L\u00e0 o\u00f9 \u00e7a coince<\/h4>\n<p>On aurait aim\u00e9 voir plus d\u2019\u00e9motion chez Marcus Nance, qui jouait Ben, le mari de Phyllis. Bien qu\u2019il ait une voix de baryton-basse mielleuse, son jeu \u00e9tait plut\u00f4t rigide. L\u2019artiste le plus c\u00e9l\u00e8bre, le t\u00e9nor Ben Heppner, s\u2019est av\u00e9r\u00e9 \u00eatre la plus grande d\u00e9ception, car le r\u00f4le de Dmitri n\u2019est pas une partie chant\u00e9e. Apparemment, Heppner ne sortira pas de sa retraite apr\u00e8s tout\u00a0! <strong>DL<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<h3>\nChant Libres \/ L\u2019Orangeraie<\/h3>\n<p>19 octobre, Monument-National<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-999515\" src=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Orangeraie-702x336-1.gif\" alt=\"\" width=\"702\" height=\"336\" \/><\/p>\n<h4>Ce que vous avez manqu\u00e9<\/h4>\n<p>C\u00f4t\u00e9 musique, l\u2019orchestration est bien song\u00e9e. Des motifs entonn\u00e9s par les cuivres ressortent puissamment de l\u2019orchestre et g\u00e9n\u00e8rent toute la tension du drame qui est en train d\u2019avoir lieu. Quelques influences orientales se font aussi entendre lorsqu\u2019Amed est rendu en Am\u00e9rique (\u00e9vocation de son lointain pass\u00e9, certainement).<\/p>\n<p>Le meilleur de la distribution \u2013 et de loin \u2013 \u00e9tait le baryton Dion Mazerolle. Avec Nicholas Burns notamment, il \u00e9tait l\u2019un des rares chanteurs \u00e0 projeter sa voix au-del\u00e0 de la premi\u00e8re rang\u00e9e et a remarquablement incarn\u00e9 le personnage autoritaire de Soulayed, chef terroriste d\u2019un village voisin.<\/p>\n<h4>L\u00e0 o\u00f9 \u00e7a coince<\/h4>\n<p>On sentait bien que les moyens \u00e9taient limit\u00e9s. Quelques amas de pierres servaient de d\u00e9cors, le reste \u00e9tait projet\u00e9 sur grand \u00e9cran\u00a0: une montagne au loin, sur la droite, qui ressemblait un peu trop \u00e0 un fond d\u2019\u00e9cran d\u2019ordinateur, mais pas d\u2019oranges ni d\u2019orangers et encore moins d\u2019orangeraie.<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 musique, ce qui reste en m\u00e9moire, ce sont les dialogues mis en musique, ce sont ces r\u00e9citatifs qui se ressemblent \u00e9norm\u00e9ment et que l\u2019on a fini par bien int\u00e9grer \u00e0 la fin du spectacle. En cela, les r\u00e9citatifs de Mozart, de Rossini ou l\u2019\u00e9criture de Debussy pourraient \u00eatre accus\u00e9s des m\u00eames travers. Sauf qu\u2019ici, le style r\u00e9citant de Moultaka se r\u00e9sume \u00e0 la plus simple expression musicale qui soit\u00a0: la r\u00e9p\u00e9tition d\u2019une m\u00eame note, sur un rythme qui \u00e9pouse le texte, et une note diff\u00e9rente en guise de cadence, souvent d\u2019un intervalle de quarte augment\u00e9e lorsque celle-ci est ascendante. Malgr\u00e9 cette simplicit\u00e9 apparente et quelque peu lassante, on ne peut dire que le compositeur a \u00e9t\u00e9 tendre avec ses interpr\u00e8tes. <strong>JB<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<h3>OCNA \/ John Storg\u00e5rds \/ Leila Josefowicz<\/h3>\n<p>21 octobre<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-999518\" src=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/OCNA-John-Storga\u030ards-Leila-Josefowicz-21-octobre-e1637173358718.png\" alt=\"\" width=\"702\" height=\"396\" \/><\/p>\n<h4>Ce que vous avez manqu\u00e9<\/h4>\n<p>Lorsque le salut des cornes du diable semble \u00eatre une r\u00e9ponse plus appropri\u00e9e que de simples applaudissements, on comprend que l\u2019interpr\u00e8te d\u2019un concerto a totalement assur\u00e9. C\u2019est le genre d\u2019\u00e9nergie glam-rock que Leila Josefowicz a apport\u00e9 au <em>Concerto pour violon<\/em> de John Adams. L\u2019interpr\u00e9tation incandescente et pleine d\u2019\u00e9nergie de Leila Josefowicz sur sc\u00e8ne faisait l\u2019effet d\u2019une d\u00e9charge d\u2019adr\u00e9naline pure.<\/p>\n<p>Il s\u2019agissait de la premi\u00e8re apparition du chef principal invit\u00e9 John Storg\u00e5rds \u00e0 l\u2019OCNA depuis plus de deux ans. L\u2019affection et le respect mutuels entre l\u2019orchestre et son chef ont suscit\u00e9 des moments de pur bonheur tout au long de la soir\u00e9e. M. Storg\u00e5rds est tout en passion et en c\u0153ur; son enthousiasme in\u00e9branlable et son honn\u00eatet\u00e9 musicale ont permis de hisser les <em>Three Shanties<\/em> du compositeur britannique Malcolm Arnold d\u2019un potentiel ringard \u00e0 un niveau plus substantiel, o\u00f9 l\u2019humour joyeux contrastait avec des textures orchestrales sophistiqu\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019approche romantique de Storg\u00e5rds dans la <em>Symphonie n\u00b0 100<\/em> \u00ab\u00a0Militaire\u00a0\u00bb de Haydn suscitait l\u2019admiration. L\u2019introduction majestueuse b\u00e9n\u00e9ficiait d\u2019un grand espace dynamique pour se d\u00e9ployer, tandis que les tempi de la marche militaire \u00e9taient convenablement \u00e9nergiques, mais jamais effr\u00e9n\u00e9s. Storg\u00e5rds a le don d\u2019\u00e9clairer toutes les petites conversations de Haydn entre les bois et les cordes. Les cordes \u00e9taient moelleuses et chaleureuses, comme du pain frais, malgr\u00e9 quelques imperfections. Le solo de trompette de Michael Fedyshyn dans le deuxi\u00e8me mouvement brillait comme le cordon tress\u00e9 de l\u2019uniforme d\u2019un dragonnier.<\/p>\n<p>L\u2019orchestre \u00e9tait solide et alerte; tous les musiciens sur sc\u00e8ne se donnaient visiblement \u00e0 fond. La premi\u00e8re fl\u00fbte Joanna G\u2019froerer, le premier cor Lawrence Vine et surtout la section de percussion dirig\u00e9e par Feza Zweifel ont tous \u00e9t\u00e9 remarquables. <strong>NG<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Le chemin des miracles \/ Voces Boreales \/ Andrew Gray<\/h3>\n<p>23 octobre<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"shrinkToFit\" src=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/voces_boreales_cmyk-702x336-1.jpeg\" alt=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/voces_boreales_cmyk-702x336-1.jpeg\" width=\"233\" height=\"111\" \/><\/p>\n<h4>Ce que vous avez manqu\u00e9<\/h4>\n<p>Le spectacle est bas\u00e9 sur l\u2019\u0153uvre grandiose de Joby Talbot. Ce sont 18 voix professionnelles d\u2019une grande qualit\u00e9, des lignes vocales soutenues\u2026 On se demande quand les choristes arrivent \u00e0 respirer. C\u2019est une des plus grandes \u0153uvres chorales actuelles. Ce fut une exp\u00e9rience unique mettant en valeur la magie des voix multiples. Parfois, les \u0153uvres chorales produisent des effets miraculeux sur un chemin imaginaire qui porte la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 d\u2019envol\u00e9es d\u2019anges, comme si des voix additionnelles venaient s\u2019ajouter aux 18 voix physiques. Cette \u0153uvre en fait partie.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019\u00e9glise, en pr\u00e9ambule, des stations anim\u00e9es par des acteurs-conteurs qui nous pr\u00e9parent \u00e0 ce p\u00e8lerinage nous projettent dans l\u2019histoire de Compostelle, depuis Jacques le Majeur (saint Jacques), en passant par l\u2019empereur Charlemagne, jusqu\u2019au villageois du Moyen \u00c2ge qui se pr\u00e9pare \u00e0 faire le chemin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>L\u00e0 o\u00f9 \u00e7a coince<\/h4>\n<p>J\u2019ai eu beau chercher, hormis l\u2019attente caus\u00e9e par les v\u00e9rifications du code QR, je n\u2019ai rien trouv\u00e9. La temp\u00e9rature \u00e9tait heureusement supportable. <strong>DS<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Salle Bourgie \/ Jean-Guihen Queyras<\/h3>\n<p>26 octobre<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<h4>Ce que vous avez manqu\u00e9<\/h4>\n<p>La <em>Partita pour violoncelle seul <\/em>du compositeur turc Ahmet Adnan Saygun (1907-1991) a \u00e9t\u00e9 une d\u00e9couverte pour \u00e0 peu pr\u00e8s tout le monde et Jean-Guihen Queyras, tr\u00e8s \u00e9loquent dans ses courtes interventions orales, n\u2019a pas manqu\u00e9 de le souligner. Elle demeure accessible, malgr\u00e9 son langage r\u00e9solument moderne, et suscite un certain attrait par son m\u00e9tissage.<\/p>\n<p>La <em>Suite no 1 <\/em>de Bach n\u2019avait, elle, aucun besoin de pr\u00e9sentation. Jean-Guihen Queyras nous a livr\u00e9 une interpr\u00e9tation tr\u00e8s personnelle de l\u2019\u0153uvre. Tel un peintre, le violoncelliste a pes\u00e9 et sous-pes\u00e9 chaque couleur de son jeu. Avec son archet, il a ex\u00e9cut\u00e9 une multitude de gestes capables de faire r\u00e9sonner toute l\u2019amplitude d\u2019un timbre sonore.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<h4>L\u00e0 o\u00f9 \u00e7a coince<\/h4>\n<p>La seconde partie du programme a permis de mieux appr\u00e9cier la qualit\u00e9 du violoncelle de Queyras, en comparaison avec celui de St\u00e9phane T\u00e9treault. Un instrument fabriqu\u00e9 par Gioffredo Cappa en 1696, aux sonorit\u00e9s chaleureuses et velout\u00e9es, alors que le Stradivarius de T\u00e9treault a un timbre plus per\u00e7ant. Prenant la voix du haut dans les deux derni\u00e8res pi\u00e8ces du programme, le jeune violoncelliste est apparu moins rel\u00e2ch\u00e9 que Queyras. La tige soutenant le violoncelle de T\u00e9treault \u00e9tait tr\u00e8s avanc\u00e9e, ce qui sur\u00e9levait l\u2019instrument et obligeait l\u2019interpr\u00e8te \u00e0 lever le coude droit plus haut que son partenaire de sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>Dans le <em>Duo pour deux violoncelles<\/em> d\u2019Offenbach, les r\u00e9p\u00e9titions insistantes des th\u00e8mes musicaux ont fini par nous lasser, mais il y avait n\u00e9anmoins beaucoup d\u2019entrain et de gaiet\u00e9. Nous ne nous attendions pas \u00e0 moins du compositeur d\u2019op\u00e9rettes. <strong>JB<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Orchestre M\u00e9tropolitain \/ Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin<\/h3>\n<p>29 octobre<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<h4>Ce que vous avez manqu\u00e9<\/h4>\n<p>L\u2019ouverture de <em>Manfred<\/em> de Robert Schumann a donn\u00e9 le coup d\u2019envoi de ce programme intitul\u00e9 <em>Tr\u00e9sors romantiques<\/em>. Les cordes \u00e9taient chaleureuses et le legato \u00e9tait abondant. Distanci\u00e9 sur une sc\u00e8ne \u00e9largie, l\u2019OM sonnait comme un grand orchestre.<\/p>\n<p>Le clou du spectacle \u00e9tait la <em>Symphonie n\u00b0 3<\/em> de Louise Farrenc, une \u0153uvre orthodoxe en quatre mouvements de 1849 qui ne d\u00e9vie jamais, ne serait-ce qu\u2019un instant, de sa trajectoire. Compte tenu des applaudissements, la foule n\u2019a \u00e9prouv\u00e9 aucune r\u00e9serve.<\/p>\n<p>Farrenc a tir\u00e9 des le\u00e7ons de Beethoven. La s\u00e9quence orageuse en mode mineur du mouvement lent, par ailleurs temp\u00e9r\u00e9, en est une; l\u2019utilisation des cors et des bois dans le trio du <em>scherzo<\/em>, une autre. Pourtant, malgr\u00e9 les ludwigismes pr\u00e9sents ici et l\u00e0, la musique reste autonome dans sa conception et son expression.<\/p>\n<p>Cette partition n\u2019a rien de familier, mais les musiciens de l\u2019OM l\u2019ont interpr\u00e9t\u00e9e avec l\u2019autorit\u00e9, l\u2019\u00e9quilibre et l\u2019articulation pr\u00e9cise (violons agiles dans le finale) dont ils auraient pu faire preuve \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019un de leurs morceaux favoris. N\u00e9zet-S\u00e9guin utilisait une partition, mais il \u00e9tait \u00e9vident qu\u2019il avait absorb\u00e9 la musique et appris \u00e0 l\u2019aimer.<\/p>\n<p>Il y a, bien entendu, pr\u00e9sentement un \u00e9lan politique \u00e0 jouer Farrenc. Couronn\u00e9e de succ\u00e8s en son temps, cette Parisienne du milieu du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle est r\u00e9cemment venue \u00e0 la rescousse d\u2019ensembles (dont l\u2019OSM et le Philadelphia Orchestra dirig\u00e9 par Yannick) d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 la recherche de r\u00e9pertoire f\u00e9minin classique. C\u2019est un plaisir de voir YNS rejoindre le club.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>L\u00e0 o\u00f9 \u00e7a coince<\/h4>\n<p>Les passages plus lents du Schumann auraient peut-\u00eatre pu \u00eatre moins imposants. Les \u0153uvres de Max Bruch gagneraient \u00e9galement \u00e0 \u00eatre revues, mais son <em>Concerto pour clarinette et alto<\/em> de 1911 est susceptible de rester en marge du r\u00e9pertoire. Les solistes \u00e9changent des plaisanteries nostalgiques dans les deux premiers mouvements, mais l\u2019orchestre ne joue aucun r\u00f4le coh\u00e9rent avant l\u2019Allegro molto final. Pourtant, il y avait des beaut\u00e9s \u00e0 savourer dans les interpr\u00e9tations confiantes des deux solistes de l\u2019OM, Simon Aldrich (clarinette) et Elvira Misbakhova (alto). <strong>AK\u00a0<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Justin Bernard, Natasha Gauthier, Arthur Kaptainis, Denise Lai, Dino Spaziani La Nef \/ Myriam Leblanc \/ Sylvain Bergeron Le 2 octobre Ce que vous avez manqu\u00e9 Par la douceur de sa voix, Myriam Leblanc nous a plong\u00e9s d\u2019embl\u00e9e dans une atmosph\u00e8re intimiste. Dans J\u2019avais cru qu\u2019en vous aimant la douleur serait extr\u00eame, d\u2019un compositeur<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/la-scena-musicale-team\/critiques-de-concerts\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":2814,"featured_media":999506,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[17036],"tags":[35096,39156,46715,32155],"class_list":{"0":"post-999524","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-critiques-de-spectacles","8":"tag-la-nef-fr","9":"tag-sylvain-bergeron-fr","10":"tag-sylvain-bergeron-fr-2","11":"tag-voces-boreales","12":"volume-volume-27","13":"issue-vol-27-issue-34-fr","14":"section-articles-de-fond","15":"section-critiques"},"acf":[],"aioseo_notices":[],"multi-rating":{"mr_rating_results":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/999524"}],"collection":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2814"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=999524"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/999524\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/999506"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=999524"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=999524"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=999524"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}