{"id":5519,"date":"2011-08-09T19:47:00","date_gmt":"2011-08-10T00:47:00","guid":{"rendered":"http:\/\/172.16.1.151\/demo\/2011\/08\/09\/le-rossignol-et-autres-fables-la-magie-a-hauteur-dhomme\/"},"modified":"2016-07-23T23:49:07","modified_gmt":"2016-07-24T04:49:07","slug":"le-rossignol-et-autres-fables-la-magie-a-hauteur-dhomme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/lucie-renaud\/le-rossignol-et-autres-fables-la-magie-a-hauteur-dhomme\/","title":{"rendered":"Le rossignol et autres fables : la magie \u00e0 hauteur d\u2019homme"},"content":{"rendered":"<div style=\"font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Par <\/span> <span style=\"font-size: small;\">Lucie Renaud<\/span><span style=\"font-size: small;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;\">\n<div style=\"clear: both; text-align: center;\"><a style=\"clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;\" href=\"http:\/\/1.bp.blogspot.com\/-dyfsSofST4E\/TkGOk76wIZI\/AAAAAAAAAEA\/2v4X1x-ced4\/s1600\/117009-bonze-michael-uloth-chambellan-robert.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-dyfsSofST4E\/TkGOk76wIZI\/AAAAAAAAAEA\/2v4X1x-ced4\/s320\/117009-bonze-michael-uloth-chambellan-robert.jpg\" width=\"320\" height=\"212\" border=\"0\" \/><\/a><\/div>\n<p><span style=\"font-size: small;\">L\u2019op\u00e9ra, genre souvent devenu lourd \u2013 ou prisonnier des multiples couches de conventions s\u00e9culaires \u2013, peine parfois \u00e0 se red\u00e9finir. Rarement rencontre-t-on, un m\u00eame soir, un plateau \u00e9blouissant et une mise en sc\u00e8ne qui m\u00e8ne l\u2019imaginaire ailleurs, prolonge le propos musical, s\u00e9duit sans r\u00e9serve, sans que le spectateur ait l\u2019impression d\u2019\u00eatre t\u00e9moin d\u2019un<i> ego trip<\/i>. Quand on fr\u00e9quente la sc\u00e8ne op\u00e9ratique nationale plus ou moins assidument, au fond, tr\u00e8s peu de moments puissants se d\u00e9tachent de la masse. En premi\u00e8re position, j\u2019avais retenu jusqu\u2019ici la puissance du diptyque <i> Le Ch\u00e2teau de Barbe-bleue<\/i> de Bart\u00f3k et<i> Erwartung<\/i> de Schoenberg (appr\u00e9ci\u00e9e dans sa mouture 2004 pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Montr\u00e9al). J\u2019y ajouterai maintenant <i>Le rossignol et autres fables<\/i>, production pr\u00e9sent\u00e9e dans le cadre de la premi\u00e8re \u00e9dition du Festival Op\u00e9ra de Qu\u00e9bec, collage musical sur des pages de Stravinski, con\u00e7u et transmis de main de ma\u00eetre par ce\u00a0 m\u00eame Robert Lepage qui, ici, n\u2019a aucunement c\u00e9d\u00e9 aux sir\u00e8nes d\u2019une machinerie de sc\u00e8ne pyrotechnique, mais a opt\u00e9 pour un dialogue direct avec le spectateur.<\/span><\/div>\n<div style=\"font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;\"><\/div>\n<div style=\"font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;\"><span style=\"font-size: small;\">On peut bien s\u00fbr relever l\u2019audace d\u2019avoir install\u00e9 sur le devant de la sc\u00e8ne du Grand Th\u00e9\u00e2tre de Qu\u00e9bec ce vaste bassin, dans lequel \u00e9volueront\u00a0 chanteurs et marionnettes de Michael Curry dans <i>Le Rossignol<\/i>. On retiendra plut\u00f4t que ce choix artistique facilite une admirable transposition d\u2019\u00e9chelle, la sc\u00e8ne se trouvant d\u2019un seul coup d\u00e9pourvue de son immensit\u00e9 pour devenir lieu intime, magique, qui permet ainsi le d\u00e9cuplement d\u2019\u00e9motion. Malgr\u00e9 une salle comble, ainsi qu\u2019un OSQ et un ch\u0153ur imposant mass\u00e9s \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-sc\u00e8ne, jamais je n\u2019ai cru n\u2019\u00eatre qu\u2019une parmi 2000. Au contraire,\u00a0 j\u2019avais l\u2019impression que Stravinski s\u2019adressait \u00e0 moi directement, comme si, abrit\u00e9e dans une grotte naturelle, je me laissais raconter des histoires, tant\u00f4t ludiques, tant\u00f4t fabuleuses.<\/span><\/div>\n<div style=\"font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;\"><\/div>\n<div style=\"font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;\"><span style=\"font-size: small;\">En premi\u00e8re partie,\u00a0 pendant et pr\u00e9lude au <i>Rossignol<\/i>, Robert Lepage a group\u00e9 une s\u00e9rie de pi\u00e8ces br\u00e8ves, compos\u00e9es sur une p\u00e9riode d\u2019une d\u00e9cennie, ce qui permet d\u2019obtenir un portrait kal\u00e9idoscopique de cette p\u00e9riode de la vie du compositeur qui devait mener \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de ses essentielles <i>Noces<\/i>. Si l\u2019OSQ, sous la direction de Johannes Debus, a sembl\u00e9 presque trop sage dans <i>Ragtime<\/i>, il s\u2019est rapidement ajust\u00e9, offrant un accompagnement riche et pourtant d\u2019une remarquable clart\u00e9. Des jeux d\u2019ombres chinoises se superposaient \u00e0 <i>Pribaoutki<\/i>, aux <i>Deux po\u00e8mes de Constantin Balmont<\/i>, aux <i>Berceuses du chat <\/i> et aux <i>Quatre chants paysans russes<\/i>, dans un encha\u00eenement de gestes d\u2019une sublime d\u00e9licatesse, souvent spectaculaires certes (l\u2019\u00e9closion de la fleur, le berceau dans lequel s\u2019installait le b\u00e9b\u00e9, les queues agiles des chats, etc.), mais \u2013 et c\u2019est l\u00e0 peut-\u00eatre la plus grande force du traitement \u2013 qui demeuraient produits par des humains. Quand un animal, une table, un bateau redeviennent dans la lumi\u00e8re les mains qui les ont initi\u00e9s, l\u2019\u00e9motion s\u2019en trouve \u00e9trangement d\u00e9cupl\u00e9e. Je m\u2019en voudrais de passer sous silence l\u2019interpr\u00e9tation fluide et incarn\u00e9e\u00a0 de St\u00e9phane Fontaine, habill\u00e9 en cosaque, des <i>Trois pi\u00e8ces pour clarinette seule<\/i>, interludes tiss\u00e9s \u00e0 la trame narrative de la premi\u00e8re partie.<\/span><\/div>\n<div style=\"font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;\"><\/div>\n<div style=\"font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Dans la courte fable de<i> Renard<\/i>, des acrobates, plac\u00e9s derri\u00e8re un tulle, se transformaient en ombres chinoises. Saluons ici le quatuor vocal narrateur, particuli\u00e8rement le moelleux du t\u00e9nor Edgaras Montvidas et les faussets du baryton Nabil Suliman, et l\u2019habile d\u00e9calage entre corps (cach\u00e9s par la toile) et mollets des artistes (visibles), d\u00e9coup\u00e9s, ce qui permet une autre distanciation du propos.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">En deuxi\u00e8me partie de spectacle, la voix limpide, agile et a\u00e9rienne de la soprano Julia Novikova, qui fait des d\u00e9buts remarqu\u00e9s dans le r\u00f4le-titre du <i>Rossignol <\/i> qui \u00e9clipsent plusieurs interpr\u00e9tations entendues au disque, devenait soutien \u00e0 l\u2019enchantement pur ressenti. La trame narrative de cet empereur de Chine (Ilya Banniki transmet bien que le ma\u00eetre du pays est avant tout homme) qui, d\u2019abord envout\u00e9 par le chant merveilleux d\u2019un rossignol, d\u00e9cide de l\u2019int\u00e9grer \u00e0 sa cour, le bannissant du royaume une fois re\u00e7u en cadeau de l\u2019empereur du Japon un oiseau m\u00e9canique, puis s\u2019appuyant de nouveau sur son chant quand la mort (inspir\u00e9e Svelana Schilova) vient r\u00e9clamer son d\u00fb, est communiqu\u00e9 de fa\u00e7on brillante par une s\u00e9rie de marionnettes reprenant les divers personnages de ce conte d\u2019Andersen.<\/span><\/div>\n<div style=\"font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;\"><\/div>\n<div style=\"font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Bien s\u00fbr, on ne peut que louer la perfection de l\u2019ensemble; chaque geste sc\u00e9nique, chaque inflexion de chanteur, chaque transposition visuelle ont \u00e9t\u00e9\u00a0m\u00fbrement r\u00e9fl\u00e9chis afin d\u2019\u00eatre d\u00e9barrass\u00e9s de toute scorie. On retiendra pourtant la profonde humanit\u00e9 du propos, Robert Lepage ayant r\u00e9ussi ici le tour de force de revenir \u00e0 l\u2019essence m\u00eame du th\u00e9\u00e2tre \u2013 et de l\u2019op\u00e9ra, son prolongement \u2013\u00a0: raconter une histoire et, ce faisant, toucher irr\u00e9vocablement le spectateur.<\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.festivaloperaquebec.com\/\"><cite>www.festivaloperaquebec.com<\/cite><\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Lucie Renaud\u00a0 L\u2019op\u00e9ra, genre souvent devenu lourd \u2013 ou prisonnier des multiples couches de conventions s\u00e9culaires \u2013, peine parfois \u00e0 se red\u00e9finir. Rarement rencontre-t-on, un m\u00eame soir, un plateau \u00e9blouissant et une mise en sc\u00e8ne qui m\u00e8ne l\u2019imaginaire ailleurs, prolonge le propos musical, s\u00e9duit sans r\u00e9serve, sans que le spectateur ait l\u2019impression d\u2019\u00eatre t\u00e9moin<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/lucie-renaud\/le-rossignol-et-autres-fables-la-magie-a-hauteur-dhomme\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":2828,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[17022,17264,379,17274,17278],"tags":[13999,14536,12299,14549,12634],"class_list":{"0":"post-5519","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"category-concert-reviews","7":"category-contemporary","8":"category-opera","9":"category-orchestral","10":"category-quebec","11":"tag-ex-machina","12":"tag-festival-opera-de-quebec","13":"tag-ivor-stravinsky","14":"tag-le-rossignol-et-autres-fables","15":"tag-robert-lepage"},"acf":[],"aioseo_notices":[],"multi-rating":{"mr_rating_results":[{"adjusted_star_result":0,"star_result":0,"total_max_option_value":5,"adjusted_score_result":0,"score_result":0,"percentage_result":0,"adjusted_percentage_result":0,"count":0,"post_id":5519}]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5519"}],"collection":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2828"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5519"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5519\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5519"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5519"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5519"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}