{"id":362759,"date":"2018-06-05T13:55:01","date_gmt":"2018-06-05T17:55:01","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/la-scena-musicale-team\/josephine-bacon-a-linguistic-legacy\/"},"modified":"2018-06-05T13:58:50","modified_gmt":"2018-06-05T17:58:50","slug":"josephine-bacon-a-linguistic-legacy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/la-scena-musicale-team\/josephine-bacon-a-linguistic-legacy\/","title":{"rendered":"Jos\u00e9phine Bacon: La langue en h\u00e9ritage"},"content":{"rendered":"<p>Auteure, conteuse et r\u00e9alisatrice tr\u00e8s engag\u00e9e sur la sc\u00e8ne artistique autochtone, Jos\u00e9phine Bacon est une formidable ambassadrice de la culture innue. En peu de mots, mais avec une force extraordinaire, elle donne la parole \u00e0 son territoire et \u00e0 ses habitants.<\/p>\n<p><strong>Le territoire au c\u0153ur de la po\u00e9sie<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Ma richesse s\u2019appelle saumon, ma richesse s\u2019appelle caribou, mon feu s\u2019appelle \u00e9pinette noire\u2026&nbsp;\u00bb. Le po\u00e8me <em>Ma richesse s\u2019appelle<\/em> illustre l\u2019importance du territoire dans l\u2019\u0153uvre de Jos\u00e9phine Bacon. Une vision qui s\u2019inscrit profond\u00e9ment dans la pens\u00e9e autochtone o\u00f9 toute vie est li\u00e9e \u00e0 la terre qui nous abrite et avec laquelle les hommes se doivent de vivre en harmonie. Jos\u00e9phine Bacon est originaire de la communaut\u00e9 de Pessamit, sur la C\u00f4te-Nord. Omnipr\u00e9sent dans ses \u00e9crits, son territoire, la toundra, a donn\u00e9 son nom au recueil de nouvelles <em>Un th\u00e9 dans la toundra\/Nipishapui nete mushuat<\/em> publi\u00e9 en 2013 aux \u00e9ditions M\u00e9moire d\u2019encrier.<\/p>\n<p>Enseignante de l\u2019innu-aimun \u2013 la langue innue \u2013 depuis 40 ans, Jos\u00e9phine Bacon est aussi traductrice-interpr\u00e8te aupr\u00e8s des a\u00een\u00e9s, un travail fondamental tant pour la pr\u00e9servation de la langue que pour la transmission du savoir. \u00ab&nbsp;Ce sont ceux et celles qui d\u00e9tiennent le savoir traditionnel et, avec sagesse, j\u2019ai appris \u00e0 les \u00e9couter&nbsp;\u00bb, dit-elle. Sa contribution \u00e0 la pr\u00e9servation et \u00e0 la vitalit\u00e9 de la langue et de la culture innues est inestimable. En reconnaissance de ce travail, Jos\u00e9phine Bacon a re\u00e7u un doctorat <em>honoris causa<\/em> en anthropologie de l\u2019Universit\u00e9 Laval en 2016.<\/p>\n<p>M\u00eame si ses recueils de po\u00e9sie sont bilingues, innu et fran\u00e7ais, sa langue maternelle reste au centre de son art.&nbsp;\u00ab&nbsp;Tout est l\u00e0 pour moi, mon identit\u00e9, ma culture, mon imaginaire, les mots que j\u2019\u00e9cris&nbsp;\u00bb, explique-t-elle. Depuis les ann\u00e9es 1970, Jos\u00e9phine Bacon joue \u00e9galement un r\u00f4le de premier plan aupr\u00e8s de chercheurs \u0153uvrant en milieu innu pour documenter la langue, la culture, la tradition orale et l\u2019histoire de cette Premi\u00e8re Nation. Elle est d\u2019ailleurs r\u00e9guli\u00e8rement invit\u00e9e aux rencontres internationales des \u00e9crivains de langue autochtone, participe \u00e0 de nombreux festivals et spectacles litt\u00e9raires au Qu\u00e9bec et en France et donne des ateliers d\u2019\u00e9criture et conf\u00e9rences dans les universit\u00e9s, les c\u00e9geps et dans plusieurs communaut\u00e9s autochtones en plus de travailler \u00e0 diverses traductions de l\u2019innu-aimun vers le fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Jos\u00e9phine Bacon a publi\u00e9 son premier recueil de po\u00e9sie <em>B\u00e2tons \u00e0 message\/Tshissinuashitakana<\/em> chez M\u00e9moire d\u2019encrier en 2009 et a re\u00e7u le prix des lecteurs du March\u00e9 de la po\u00e9sie de Montr\u00e9al en 2010 pour son po\u00e8me <em>Dessine-moi l\u2019arbre<\/em>. Toujours chez M\u00e9moire d\u2019encrier, elle a publi\u00e9 en collaboration avec Jos\u00e9 Acquelin <em>Nous sommes tous des sauvages<\/em> en 2011, puis <em>Un th\u00e9 dans la toundra\/Nipishapui nete mushuat<\/em>, \u0153uvre qui fut finaliste au prix du Gouverneur g\u00e9n\u00e9ral et au Grand prix du livre de Montr\u00e9al en 2014.<\/p>\n<p>Pourtant, Jos\u00e9phine Bacon ne se consid\u00e8re pas comme une po\u00e9tesse. \u00ab&nbsp;Moi je dis que chaque personne est po\u00e8te et ne se consid\u00e8re pas po\u00e8te pour autant.&nbsp;\u00bb N\u2019emp\u00eache, elle s\u2019appr\u00eate \u00e0 publier un nouveau recueil cet automne dont le titre <em>Uiesh \/ Quelque part<\/em> \u00e9voque \u00e0 nouveau l\u2019id\u00e9e du lieu, du territoire.<\/p>\n<p><strong>Les mots, les images et la musique<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019excellent accueil critique et public des ouvrages de Jos\u00e9phine Bacon peut faire oublier que la publication de po\u00e8mes est une activit\u00e9 relativement r\u00e9cente dans sa carri\u00e8re. \u00ab&nbsp;Bien avant de prendre officiellement la plume, l\u2019artiste innue a appris \u00e0 travailler le mat\u00e9riau filmique en accompagnant maints cin\u00e9astes dans leurs tournages et en r\u00e9alisant ses propres films documentaires [\u2026] Dans son premier recueil, l\u2019empreinte fondamentale laiss\u00e9e par cette pratique cin\u00e9matographique est perceptible&nbsp;\u00bb, \u00e9crit Pascale Marcoux dans son m\u00e9moire en \u00e9tudes litt\u00e9raires de l\u2019Universit\u00e9 Laval, la premi\u00e8re \u00e9tude critique enti\u00e8rement consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Jos\u00e9phine Bacon.<\/p>\n<p>En effet, Jos\u00e9phine Bacon a collabor\u00e9 comme sc\u00e9nariste, traductrice ou narratrice \u00e0 de nombreux documentaires et courts m\u00e9trages, dont ceux du cin\u00e9aste Arthur Lamothe. Elle a notamment r\u00e9alis\u00e9 Tshishe Mishtikuashisht \u2013 Le petit grand europ\u00e9en<em>&nbsp;: Johan Beetz<\/em> en 1997, qui relate l\u2019histoire d\u2019un aristocrate belge venu s\u2019installer sur la C\u00f4te-Nord, devenu une v\u00e9ritable l\u00e9gende pour les Innus. Elle a aussi r\u00e9alis\u00e9 la s\u00e9rie <em>Mupu<\/em> en 2006 et le documentaire <em>Finding our talk<\/em> sur la langue anishinab\u00e9e en 2008. Elle a aussi sc\u00e9naris\u00e9 26 \u00e9missions de <em>Mukuan et Carcajou<\/em> pour les productions Kw\u00e9.<\/p>\n<p>Paroli\u00e8re et auteure des textes d\u2019encha\u00eenement du spectacle de Chlo\u00e9 Sainte-Marie <em>Nitshisseniten e tshissenitamin<\/em>, l\u2019artiste explique sa relation particuli\u00e8re \u00e0 la musique en \u00e9voquant son amour de la langue. \u00ab&nbsp;Parler innu-aimun est une musique quand tu l\u2019\u00e9coutes. C\u2019est une langue musicale. Entendre de la musique sur des mots innus, \u00e7a va de soi, l\u2019un ne va pas sans l\u2019autre parfois.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p><strong>Se renouveler, sans cesse<\/strong><\/p>\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es, les artistes innus font de plus en plus leur place sur la sc\u00e8ne culturelle canadienne. Peut-on parler de renouveau&nbsp;? Pas vraiment, selon madame Bacon, car les membres des Premi\u00e8res Nations sont en constant renouvellement. \u00ab&nbsp;Depuis le nomadisme, juste \u00eatre s\u00e9dentaire c\u2019est un renouveau. Il y a aussi l\u2019\u00e9criture qui a commenc\u00e9 \u00e0 prendre place chez les jeunes, \u00e0 prendre sa place. Il y a longtemps nous \u00e9tions, nous faisions partie d\u2019une tradition orale. L\u2019\u00e9criture vient changer \u00e7a.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Pourtant, la popularit\u00e9 grandissante des artistes autochtones est r\u00e9elle et Jos\u00e9phine Bacon a du mal \u00e0 nommer ceux qu\u2019elle admire le plus. <strong>\u00ab&nbsp;<\/strong>D\u00e9j\u00e0, \u00eatre artiste c\u2019est admirable. Ce n\u2019est pas simple de (dire ceux qu\u2019on pr\u00e9f\u00e8re). Parce que le choix ne manque pas&#8230;&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Son conseil au public ?&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;<\/strong>Les reconna\u00eetre, ne pas les enfermer dans un ghetto de \u201clitt\u00e9rature des Premi\u00e8res Nations\u201d. J\u2019aimerais dire&nbsp;: Jos\u00e9phine Bacon, po\u00e8te de la maison d\u2019\u00e9dition M\u00e9moire d\u2019encrier \u2013 j\u2019aimerais qu\u2019on appartienne \u00e0 un groupe sans diff\u00e9rence de race.&nbsp;\u00bb&nbsp;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteure, conteuse et r\u00e9alisatrice tr\u00e8s engag\u00e9e sur la sc\u00e8ne artistique autochtone, Jos\u00e9phine Bacon est une formidable ambassadrice de la culture innue. En peu de mots, mais avec une force extraordinaire, elle donne la parole \u00e0 son territoire et \u00e0 ses habitants. Le territoire au c\u0153ur de la po\u00e9sie \u00ab&nbsp;Ma richesse s\u2019appelle saumon, ma richesse s\u2019appelle<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/la-scena-musicale-team\/josephine-bacon-a-linguistic-legacy\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":2814,"featured_media":362758,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[36029,398],"tags":[36143,36144,36145,36146,31928,36147,36148,36149,36150],"class_list":{"0":"post-362759","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-autochtone","8":"category-litterature","9":"tag-batons-a-message-tshissinuashitakana-fr","10":"tag-chloe-sainte-marie-fr","11":"tag-innu-fr","12":"tag-josephine-bacon-fr","13":"tag-jose-acquelin","14":"tag-nitshisseniten-e-tshissenitamin-fr","15":"tag-pessamit-fr","16":"tag-poetry-fr","17":"tag-un-the-dans-la-toundra-nipishapui-nete-mushuat-fr","18":"volume-volume-23","19":"issue-vol-23-issue-7-fr","20":"section-arts-autochtones"},"acf":[],"aioseo_notices":[],"multi-rating":{"mr_rating_results":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/362759"}],"collection":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2814"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=362759"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/362759\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/362758"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=362759"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=362759"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=362759"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}