{"id":348186,"date":"2017-09-01T00:00:21","date_gmt":"2017-09-01T05:00:21","guid":{"rendered":"http:\/\/myscena.org\/?p=348186\/"},"modified":"2017-09-09T15:03:48","modified_gmt":"2017-09-09T20:03:48","slug":"quelques-grands-tenors-canadiens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/pierre-chenier\/quelques-grands-tenors-canadiens\/","title":{"rendered":"Quelques grands t\u00e9nors canadiens"},"content":{"rendered":"<p>En ce 150<sup>e<\/sup> anniversaire de la Conf\u00e9d\u00e9ration, il est de mise de rendre hommage aux grands artistes que le Canada a produits au cours de son histoire. Cet article est consacr\u00e9 \u00e0 certains des plus grands t\u00e9nors canadiens. Leur talent et leur brillante carri\u00e8re ne doivent pas nous faire oublier que nos grandes institutions comme CBC et Radio-Canada font de moins en moins de place \u00e0 nos artistes. La programmation consacr\u00e9e au d\u00e9veloppement des talents canadiens a \u00e9t\u00e9 constamment r\u00e9duite et ce probl\u00e8me doit \u00eatre r\u00e9solu.<\/p>\n<p>J\u2018ai choisi pour cet article quatre t\u00e9nors\u00a0: Raoul Jobin, L\u00e9opold Simoneau, Jon Vickers et Ben Heppner. Je les ai choisis parce que chacun d\u2019entre eux a marqu\u00e9 le chant classique d\u2019une fa\u00e7on particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>Raoul Jobin (1906-1974), n\u00e9 dans une famille modeste de Qu\u00e9bec, a \u00e9t\u00e9 premier t\u00e9nor \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique de Paris d\u00e8s les ann\u00e9es 1930 et premier t\u00e9nor au Metropolitan Opera de New York dans les ann\u00e9es 1940, en plus de chanter sur plusieurs autres grandes sc\u00e8nes internationales. Avec Georges Thill, il est devenu le premier t\u00e9nor du r\u00e9pertoire fran\u00e7ais de son \u00e9poque. Parmi les op\u00e9ras dans lesquels il a le plus brill\u00e9 on compte <em>Carmen<\/em> de Bizet, <em>Faust<\/em> et <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em> de Gounod, <em>Werther<\/em> de Massenet de m\u00eame que <em>Lohengrin<\/em> et les <em>Ma\u00eetres chanteurs de Nuremberg<\/em> de Wagner. Il \u00e9tait t\u00e9nor lirico-spinto, c\u2019est-\u00e0-dire t\u00e9nor lyrique avec une capacit\u00e9 de puissance lorsque requis. Jobin croyait fermement que l\u2019expression dramatique doit passer d\u2019abord et avant tout par la clart\u00e9 de la diction, la justesse de l\u2019intonation et le respect de la partition. Quand on \u00e9coute son Don Jos\u00e9 dans la sc\u00e8ne finale de <em>Carmen<\/em>, on a l\u2019impression d\u2019entendre cette musique pour la premi\u00e8re fois, tant elle est d\u00e9gag\u00e9e de tout m\u00e9lodrame. Il avait le timbre chaud et l\u2019aigu claironnant, un aigu projet\u00e9 sans qu\u2019on sente l\u2019effort. Mis \u00e0 part sa carri\u00e8re de chanteur, Jobin a \u00e9t\u00e9 entre autres professeur de chant au Conservatoire de musique de Montr\u00e9al puis directeur du Conservatoire de musique de Qu\u00e9bec de 1961 \u00e0 1970.<\/p>\n<p>L\u00e9opold Simoneau (1916-2006) a \u00e9t\u00e9 le plus grand t\u00e9nor lyrique mozartien des ann\u00e9es 1950 avec Anton Dermota. Lui aussi issu d\u2019un milieu modeste, apr\u00e8s ses premi\u00e8res armes au Qu\u00e9bec, il s\u2019est fait conna\u00eetre en France \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1940 puis sur les plus grandes sc\u00e8nes internationales. Il a fait carri\u00e8re solo et en duo avec son \u00e9pouse Pierrette Alarie qui \u00e9tait une excellente soprano colorature. Bien qu\u2019il ait beaucoup chant\u00e9 le r\u00e9pertoire fran\u00e7ais et abord\u00e9 le r\u00e9pertoire italien, c\u2019est dans l\u2019op\u00e9ra mozartien qu\u2019il a fait ses plus hautes contributions. Nous sommes chanceux qu\u2019il ait laiss\u00e9 une imposante discographie qui comprend notamment les r\u00f4les-titres de t\u00e9nor de <em>Cosi fan Tutte<\/em>, <em>La Fl\u00fbte enchant\u00e9e<\/em> et <em>L\u2018Enl\u00e8vement au s\u00e9rail<\/em> de Mozart de m\u00eame que les <em>P\u00eacheurs de perles<\/em> de Bizet et <em>Orph\u00e9e et Eurydice<\/em> de Gluck. Ces enregistrements font encore autorit\u00e9 aujourd\u2019hui. La voix essentiellement \u00e9l\u00e9gante et pos\u00e9e de Simoneau n\u2019est jamais plus s\u00e9duisante que lorsqu\u2019il lui donne un \u00e9lan d\u2019enthousiasme juv\u00e9nile qui la sort un peu de sa r\u00e9serve. \u00c9coutez son Tamino de <em>La Fl\u00fbte enchant\u00e9e<\/em> dans l\u2019enregistrement de Karl Boehm et vous entendrez le jeune homme amoureux pr\u00eat \u00e0 d\u00e9fier la mort pour sa bien-aim\u00e9e. On d\u00e9couvre un Simoneau \u00e9clatant qui demeure \u00e9l\u00e9gant. Simoneau a lui aussi \u00e9t\u00e9 professeur et responsable de la direction artistique de l\u2019op\u00e9ra du Qu\u00e9bec en 1971.<\/p>\n<p>Avec Jon Vickers (1926-2015), n\u00e9 \u00e0 Prince Albert en Saskatchewan, on entre dans un univers totalement diff\u00e9rent, celui du t\u00e9nor dramatique, appel\u00e9 t\u00e9nor h\u00e9ro\u00efque quand la puissance de la voix permet l\u2019incursion dans le lourd r\u00e9pertoire wagn\u00e9rien. Il a marqu\u00e9 entre autres les r\u00f4les de Tristan, de Florestan, d\u2019Otello et de Peter Grimes dans une carri\u00e8re qui s\u2019\u00e9chelonne de la fin des ann\u00e9es 1950 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980. Son Florestan dans l\u2019enregistrement de <em>Fidelio<\/em> sous Klemperer est encore aujourd\u2019hui consid\u00e9r\u00e9 comme une des grandes interpr\u00e9tations vocales sur disque. La voix de Vickers est une voix de cath\u00e9drale, une voix qui projette dans les grands espaces, d\u2019une puissance inou\u00efe. Insistant beaucoup sur le dramatisme de l\u2019interpr\u00e9tation, il modulait constamment sa voix pour y introduire le contraste et la nuance qu\u2019on jugea parfois excessifs, mais il croyait \u00e0 l\u2019identification dramatique du chanteur. Il y croyait y compris sur sc\u00e8ne o\u00f9 il \u00e9tait un des rares chanteurs \u00e0 chercher \u00e0 repr\u00e9senter le personnage par son jeu sc\u00e9nique. Vickers \u00e9tait fermier m\u00eame au fa\u00eete de sa carri\u00e8re, combinant musique et travail aux champs, gardant les deux pieds sur terre\u00a0!<\/p>\n<p>Et que dire de Ben Heppner (1956-), n\u00e9 \u00e0 Murrayville en Colombie-Britannique, ce grand t\u00e9nor lyrique devenu t\u00e9nor dramatique. Lui aussi s\u2019est \u00e9tabli internationalement entre autres comme un remarquable Tristan, Florestan, Otello et Peter Grimes. Il a abord\u00e9 ces r\u00f4les de sa voix qui pouvait affronter les moments de grande puissance avec le velout\u00e9 d\u2019une voix lyrique, sans forcer le son, ce qui contribuait \u00e0 une \u00e9galit\u00e9 dans le registre du grave au tr\u00e8s aigu, qui est tr\u00e8s rare. Les r\u00f4les dramatiques sont souvent cri\u00e9s dans les passages aigus, surtout chez Wagner o\u00f9 le chanteur s\u2019\u00e9puise, devant chanter en continu pendant des heures, mais ce n\u2019\u00e9tait pas le cas de Heppner. \u00c9videmment, cette qualit\u00e9 ne peut pas durer toujours et Heppner a sagement pris sa retraite en 2014 quand ce caract\u00e8re velout\u00e9 de la voix commen\u00e7ait \u00e0 lui manquer et il est notamment devenu animateur \u00e0 la radio.<\/p>\n<p>Ces grands t\u00e9nors sont un bon exemple de la qualit\u00e9 du milieu artistique canadien. Cette qualit\u00e9 est telle qu\u2019\u00e0 des moments d\u00e9finis, des chanteurs canadiens ont marqu\u00e9 l\u2019interpr\u00e9tation de certains r\u00f4les et de certains types de chant lyrique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En ce 150e anniversaire de la Conf\u00e9d\u00e9ration, il est de mise de rendre hommage aux grands artistes que le Canada a produits au cours de son histoire. Cet article est consacr\u00e9 \u00e0 certains des plus grands t\u00e9nors canadiens. 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