{"id":344118,"date":"2017-06-01T00:00:05","date_gmt":"2017-06-01T05:00:05","guid":{"rendered":"http:\/\/myscena.org\/?p=344118\/"},"modified":"2017-06-04T17:11:07","modified_gmt":"2017-06-04T22:11:07","slug":"terre-des-hommes-50-ans-tard-il-etait-une-fois-lexpo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/marc-chenard\/terre-des-hommes-50-ans-tard-il-etait-une-fois-lexpo\/","title":{"rendered":"Terre des Hommes 50 ans + tard : Il \u00e9tait une fois&#8230; l\u2019Expo !"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Expo67Montage_3_RGB.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-344106 alignright\" src=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Expo67Montage_3_RGB-224x300.jpg\" alt=\"\" width=\"410\" height=\"549\" \/><\/a>Le 29 octobre 1967, \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de cl\u00f4ture de l\u2019Exposition universelle de Montr\u00e9al, le commissaire g\u00e9n\u00e9ral Pierre Dupuy terminait son discours en d\u00e9clarant : \u00ab Mission accomplie ! \u00bb Un demi-si\u00e8cle plus tard, les t\u00e9moins de l\u2019\u00e9poque sont unanimes : l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00e9tait \u00e0 la hauteur de sa mission de c\u00e9l\u00e9brer l\u2019humanit\u00e9 dans sa diversit\u00e9.<\/p>\n<p>Pendant 184 jours, Montr\u00e9alais, Qu\u00e9b\u00e9cois, Canadiens, Am\u00e9ricains et touristes d\u2019outremer ont visit\u00e9 la plan\u00e8te enti\u00e8re rassembl\u00e9e sur une pres\u00adqu\u2019\u00eele (la Cit\u00e9 du Havre) et deux \u00eeles (Sainte-H\u00e9l\u00e8ne et Notre-Dame), reli\u00e9es entre elles par l\u2019Expo Express. Durant cette saison f\u00e9\u00e9rique, un peu plus de 50 millions de visiteurs ont foul\u00e9 le sol de ce paradis insulaire construit de main d\u2019homme en plein fleuve.<\/p>\n<h3>\u00ab C\u2019est le d\u00e9but d\u2019un temps nouveau \u00bb<\/h3>\n<p>S\u2019il y a une pi\u00e8ce musicale embl\u00e9matique de l\u2019\u00e9poque, c\u2019est bien cette chanson de Ren\u00e9e Claude. Avant cette date, Montr\u00e9al \u00e9tait \u00e0 peine connue au-del\u00e0 de la fronti\u00e8re canadienne, son a\u00e9roport \u00e9tant le seul endroit \u00e0 caract\u00e8re international. Mais en une saison, 62 pays nous \u00adrendaient visite. Th\u00e9\u00e2tre d\u2019une activit\u00e9 sans \u00adpr\u00e9c\u00e9dent, Expo\u00a067 incarnait parfaitement sa \u00adth\u00e9matique : Terre des Hommes.<\/p>\n<p>De nos jours, tout cela ne fait plus l\u2019ombre d\u2019un doute. Pourtant, la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9tait tout autre en 1967. Dans les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dant sa tenue, le nom m\u00eame de l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00e9tait remis en question, son th\u00e8me \u00e9galement. Pour certains, le mot \u00ab\u00a0Expo\u00a0\u00bb avait des allures d\u2019une marque de d\u00e9tersif, d\u2019autres s\u2019opposaient \u00e0 son th\u00e8me qui n\u2019avait rien de canadien.<\/p>\n<h3>L\u2019histoire derri\u00e8re l\u2019histoire<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Expo-67-Mission-Impossible\u00a9Productions-de-la-ruelle_affiche-2_OUT_PRINT_RGB.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-344108 alignleft\" src=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Expo-67-Mission-Impossible\u00a9Productions-de-la-ruelle_affiche-2_OUT_PRINT_RGB-201x300.jpg\" alt=\"\" width=\"260\" height=\"388\" \/><\/a><\/p>\n<p>Tout \u00e9v\u00e9nement historique est une somme de beaucoup d\u2019histoires. L\u2019histoire officielle retient celles qui lui conviennent le mieux \u2013 ne dit-on pas que l\u2019histoire est toujours \u00e9crite par les gagnants ? Pourtant, derri\u00e8re une histoire s&rsquo;en dissimulent \u00adsouvent nombre d\u2019autres, certaines oubli\u00e9es, d\u2019autres pass\u00e9es sous silence. L\u2019Expo\u00a067 ne fait pas exception \u00e0 la r\u00e8gle.<\/p>\n<p>Pour marquer ce 50<sup>e<\/sup> anniversaire, le documentaire <em>Expo\u00a067 : Mission impossible<\/em> jette un \u00e9clairage in\u00e9dit en racontant justement l\u2019histoire derri\u00e8re l\u2019histoire. Lanc\u00e9e ce printemps autour de la date d\u2019ouverture d\u2019origine (le 28 avril), cette production r\u00e9ussit son pari en levant le voile sur des faits m\u00e9connus. Les coproducteurs \u00c9ric Ruel et Guylaine Maroist ont choisi de consacrer quelque 50 minutes du film aux ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dant sa tenue, les dix-huit derni\u00e8res minutes \u00e9tant r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement comme tel et ses suites.<\/p>\n<p>Pour y arriver, une \u00e9quipe de huit recherchistes ont parcouru, entre autres, les fonds des Archives nationales du Canada, qui, nous dit-on, abritent quelque quatre-vingt mille documents de tous genres, nombre d\u2019entre eux contenant des informations tenues confidentielles. Le film nous met au fait des tractations entre les \u00addiff\u00e9rents paliers gouvernementaux, les \u00adr\u00e9ticences des m\u00e9dias et du public, les \u00e9cueils \u00ad\u00e9vit\u00e9s de justesse qui auraient pu la compromettre, mais aussi un coup de g\u00e9nie publicitaire : inviter le public am\u00e9ricain \u00e0 visiter&#8230; le pavillon de l\u2019Union sovi\u00e9tique\u00a0! Autre r\u00e9v\u00e9lation\u00a0: les autorit\u00e9s ont \u00e9touff\u00e9 27 complots sur la vie de chefs d\u2019\u00c9tat en visite, et ce, sans mot \u00e9bruit\u00e9.<\/p>\n<h3>Splendeurs artistiques<\/h3>\n<p>Par-del\u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s rocambolesques, Expo\u00a067 \u00e9tait avant tout une \u00e9norme vitrine pour des cultures m\u00e9connues. Preuve du g\u00e9nie cr\u00e9ateur de l\u2019homme, les arts ont occup\u00e9 une place essentielle dans son programme. Son mus\u00e9e, tout juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019entr\u00e9e (la place d\u2019accueil) regorgeait de chefs-d\u2019\u0153uvre, de l\u2019Antiquit\u00e9 \u00e0 la modernit\u00e9, nombre d\u2019entre eux n\u2019ayant jamais quitt\u00e9 leur lieu d\u2019exposition avant&#8230; et depuis.<\/p>\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9, l\u2019Expo Th\u00e9\u00e2tre avait d\u00e9roul\u00e9 le tapis rouge pour tous les grands du spectacle, d\u2019un Luciano Pavarotti en pleine mont\u00e9e \u00e0 la l\u00e9gendaire Marlene Dietrich. La Place des Arts accueillait tout, de la compagnie de l\u2019Op\u00e9ra du Bolsho\u00ef au Philharmo\u00adnique de New York. Des l\u00e9gendes de jazz comme Thelonious Monk ou Duke Ellington \u00e9taient aussi au rendez-vous, ce dernier donnant un concert gratuit \u00e0 la Place Ville-Marie. Mais comme c\u2019\u00e9tait le d\u00e9but d\u2019un temps nouveau, l\u2019audace \u00e9tait pr\u00e9sente et le pavillon de la Jeunesse offrait une tribune \u00e0 la rel\u00e8ve, parmi eux Walter Boudreau, jeune saxophoniste de jazz \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<h3>Message d\u2019espoir<\/h3>\n<p>Outre les pavillons de la France (le Casino actuel) et des \u00c9tats-Unis (transform\u00e9 en Mus\u00e9e de l\u2019Environnement), il ne reste que quelques reliques, toutes abandonn\u00e9es au temps. M\u00eame s\u2019il y eut quelques \u00e9ditions ult\u00e9rieures, l\u2019enchantement n\u2019\u00e9tait plus l\u00e0, sauf un dernier brin flottant au-dessus de son parc d\u2019attractions La Ronde. Mais c\u2019\u00e9tait l\u2019intention de d\u00e9part\u00a0: l\u2019exp\u00e9rience ne devait pas se r\u00e9p\u00e9ter pour mieux la graver dans la m\u00e9moire collective. N\u2019ayant pas v\u00e9cu l\u2019\u00e9poque, \u00c9ric Ruel nous offre une bonne r\u00e9flexion pour notre temps : \u00ab Je suis convaincu qu\u2019il y a un message d\u2019importance pour l\u2019Homme qui d\u00e9passe le BIG BANG provoqu\u00e9 par l\u2019Expo\u00a067. Ce message nous inspire \u00e0 nous projeter dans l\u2019avenir en pla\u00e7ant l\u2019\u00e9mancipation de l\u2019Homme au centre de nos projets et de notre engagement \u00e0 r\u00e9aliser nos projets de soci\u00e9t\u00e9. On ne peut qu\u2019en faire sa reconstitution en rassemblant les fragments laiss\u00e9s sur le chemin de l\u2019histoire. \u00bb<\/p>\n<p>\u00bb\u00a0\u00c0 cette fin, les r\u00e9alisateurs ont constitu\u00e9 une m\u00e9moire vivante en ligne \u00e0 l\u2019adresse suivante\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.expo-67.ca\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">www.expo-67.ca<\/a><\/p>\n<p>\u00bb\u00a0\u00c0 lire\u00a0: <em>Expo 67 50 ans, 50 souvenirs<\/em> par Louis D\u00e9silets, Les \u00c9ditions Guy St-Germain, 2017<\/p>\n<p>\u00c0 voir aussi :<br \/>\n\u00bb Expo 67 Mode (Mus\u00e9e McCord &#8211; jusqu\u2019au 23-10,<br \/>\n\u00bb Expo 67 Avant Garde !(Casa del Popolo en juin)<\/p>\n<hr \/>\n<h3>Expo Quiz<\/h3>\n<p>1\u2014 Comment s\u2019appelait la principale structure du pavillon du Canada ?<\/p>\n<p>2\u2014 Quel \u00e9tait le nom d\u2019origine de la<br \/>\nCit\u00e9 du Havre ?<\/p>\n<p>3\u2014 Quel pays s\u2019est retir\u00e9 de l\u2019Expo et pour quelle raison ?<\/p>\n<p>4\u2014 Qui a chant\u00e9 la chanson-th\u00e8me<br \/>\n<em>Un jour, un jour<\/em> ?<\/p>\n<p>5\u2014 Quelle ville avait d\u2019abord \u00e9t\u00e9 choisie pour tenir l\u2019exposition universelle avant de se d\u00e9sister ?<\/p>\n<p>6\u2014 Quel pays a l\u00e9gu\u00e9 son pavillon \u00e0 Montr\u00e9al apr\u00e8s la cl\u00f4ture ?<\/p>\n<p>7\u2014 O\u00f9 se trouve actuellement la capsule de temps enterr\u00e9e sur le site en mai 1967 ?<\/p>\n<p>8\u2014 Quelle structure employ\u00e9e durant l\u2019Expo a \u00e9t\u00e9 mise en service en 1966 ?<\/p>\n<p>9\u2014 Qui aurait pu faire \u00e9chouer \u00adl\u2019\u00e9v\u00e9nement, le consid\u00e9rant comme<br \/>\nun gaspillage d\u2019argent ?<\/p>\n<p>10\u2014 Quel pays a d\u00e9mantel\u00e9 son pavillon dans le but de l\u2019\u00e9riger en \u00e9difice universitaire chez lui ?<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/marc-chenard\/expo-quiz-reponses\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Solutions\u00a0ici<\/a>.<\/p>\n<hr \/>\n<h2>Ils s\u2019en souviennent : Quatre t\u00e9moins racontent<\/h2>\n<h3>Walter Boudreau<\/h3>\n<div id=\"attachment_344110\" style=\"width: 321px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/1-Walter-Boudreau-1-Photo-Fre\u0301de\u0301ric-Nivoix-Andre\u0301a-Cloutier_BW.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-344110\" class=\" wp-image-344110\" src=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/1-Walter-Boudreau-1-Photo-Fre\u0301de\u0301ric-Nivoix-Andre\u0301a-Cloutier_BW-200x300.jpg\" alt=\"Walter Boudreau, Photo: Fre\u0301de\u0301ric Nivoix, Andre\u0301a Cloutier\" width=\"311\" height=\"467\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-344110\" class=\"wp-caption-text\">Walter Boudreau, Photo: Fre\u0301de\u0301ric Nivoix, Andre\u0301a Cloutier<\/p><\/div>\n<p>Bien avant qu\u2019il fasse sa marque chez nous comme chef de la SMCQ, poste qu\u2019il d\u00e9tient depuis pr\u00e8s de 30 ans, Walter Boudreau fit ses premi\u00e8res armes comme saxophoniste de jazz. Avant m\u00eame la vingtaine, il avait pour mod\u00e8les tous les ma\u00eetres modernes de la note bleue, John Coltrane au premier rang. Sa carri\u00e8re connut son vrai coup d\u2019envoi en 1967.<\/p>\n<p>Pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019ouverture, il n\u00e9gociait un engagement avec les organisateurs du pavillon de la Jeunesse, am\u00e9nag\u00e9 \u00e0 La Ronde. Il conclut une entente de r\u00eave pour se produire en trio chaque semaine pour les six mois\u00a0; mieux encore, il pouvait inviter \u00e0 sa discr\u00e9tion des musiciens de son choix \u00e0 se joindre \u00e0 son groupe. Il commen\u00e7a d\u00e8s lors \u00e0 exp\u00e9rimenter dans tous les sens. Dans un \u00e9change t\u00e9l\u00e9phonique r\u00e9cent, il confiait que c\u2019est durant cette p\u00e9riode intense qu\u2019il avait vraiment d\u00e9couvert sa<br \/>\nvocation de compositeur en pondant de nouvelles \u0153uvres pour des ensembles aux instrumentations vari\u00e9es. Toutefois, cette activit\u00e9 intense ne lui permit pas de voir d\u2019autres spectacles que les siens. \u00ab J\u2019\u00e9tais tellement occup\u00e9 avec mes affaires que je n\u2019avais pas le temps, il y en avait tellement et de tous les genres aussi. J\u2019ai juste un souvenir, celui d\u2019un groupe rock avec un son \u00e9trange que j\u2019ai entendu en passant. Je ne savais pas qui ils \u00e9taient, mais \u00e7a m\u2019avait intrigu\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Un demi-si\u00e8cle plus tard, Walter Boudreau s\u2019estime chanceux d\u2019avoir v\u00e9cu cette p\u00e9riode, pas juste pour des raisons de travail, mais aussi pour le seul fait que l\u2019\u00e9v\u00e9nement a chang\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise du tout au tout. \u00ab Avant cela, le Qu\u00e9bec avait v\u00e9cu dans une grande noirceur, mais quand le monde s\u2019est rendu chez nous cette ann\u00e9e-l\u00e0, tout se r\u00e9v\u00e9lait \u00e0 nous, des peuples que nous connaissions \u00e0 peine, ou pas du tout, des cultures, coutumes et traditions que nous ignorions. C\u2019\u00e9tait toute une ouverture et cela s\u2019est poursuivi chez nous durant la d\u00e9cennie suivante, autant sur les plans social et politique que dans les arts. \u00bb<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il conserve des souvenirs imp\u00e9rissables, il se refuse pourtant de s\u2019adonner \u00e0 la nostalgie. \u00ab Je ne serais pas devenu ce que je suis aujourd\u2019hui si je n\u2019avais pas \u00e9t\u00e9 l\u00e0, c\u2019est clair, mais de l\u00e0 \u00e0 dire que l\u2019\u00e9poque \u00e9tait meilleure qu\u2019aujourd\u2019hui, non pas vraiment. En ce moment, j\u2019ai tant de projets en t\u00eate pour me tenir occup\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la fin de mes jours que le pass\u00e9 ne me concerne plus. \u00bb<\/p>\n<p>Pourtant, lorsqu\u2019il s\u2019agit de faire la part des choses entre 2017 et 1967, il ne peut s\u2019emp\u00eacher d\u2019observer : \u00ab Aujourd\u2019hui, c\u2019est remarquable, on \u00addispose de tous les moyens pour \u00eatre branch\u00e9 au monde \u00e0 chaque instant, alors qu\u2019on semble chacun dans son coin, isol\u00e9 des autres. Je ne sens pas cet aspect f\u00e9d\u00e9ratif qui liait les gens ensemble autrefois et cela \u00adm\u2019inqui\u00e8te un peu, ce qui ne veut dire que je suis pessimiste pour autant : je maintiens quand m\u00eame mon optimisme. \u00bb<\/p>\n<div id=\"attachment_344112\" style=\"width: 591px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Rao\u0302ul-et-sa-toile-Libertad_BW.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-344112\" class=\" wp-image-344112\" src=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Rao\u0302ul-et-sa-toile-Libertad_BW-300x200.jpg\" alt=\"Rao\u0302ul et sa toile Libertad\" width=\"581\" height=\"387\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-344112\" class=\"wp-caption-text\">Rao\u0302ul et sa toile Libertad<\/p><\/div>\n<h3>Ra\u00f4ul Duguay<\/h3>\n<p>Peu d\u2019artistes de chez nous peuvent \u00eatre qualifi\u00e9s d\u2019ic\u00f4nes de la culture populaire qu\u00e9b\u00e9coise comme Ra\u00f4ul Duguay. \u00c0 78 ans, ce musicien, chanteur, po\u00e8te, peintre, sculpteur et je ne sais quoi d\u2019autre n\u2019a rien perdu de sa verve l\u00e9gendaire. Reconnu de tous pour son c\u00e9l\u00e8bre num\u00e9ro <em>La Bittt \u00e0 tibi<\/em>, cet esprit cr\u00e9ateur polymorphe fait justement l\u2019objet d\u2019un volumineux ouvrage lanc\u00e9 en avril dernier (<a href=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/marc-chenard\/critique-raoul-duguay-en-collaboration-avec-louise-theriault\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">voir critique ici<\/a>). \u00c0 l\u2019instar de son ami de longue date, Walter Boudreau, sa carri\u00e8re d\u2019artiste de sc\u00e8ne a elle aussi \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e pour de bon en 1967. Et il s\u2019en souvient tr\u00e8s bien.<\/p>\n<p>\u00ab \u00c0 l\u2019\u00e9poque, j\u2019\u00e9tais chroniqueur \u00e0 <em>Carnet des arts<\/em> \u00e0 Radio Canada et je couvrais toutes les musiques d\u2019avant-garde, du free jazz \u00e0 la musique contemporaine. C\u2019est moi d\u2019ailleurs qui ai fait d\u00e9couvrir Stockhausen, Berio, Xenakis et d\u2019autres \u00e0 Walter. Il m\u2019a invit\u00e9 par apr\u00e8s \u00e0 me joindre \u00e0 lui au pavillon de la Jeunesse pour une repr\u00e9sentation, la programmation ayant un volet de po\u00e9sie assur\u00e9 par Nicole Brassard. J\u2019ai r\u00e9cit\u00e9 mes textes en plus de jouer de la trompette et le d\u00e9clic a eu lieu entre nous, notre amiti\u00e9 a \u00e9t\u00e9 scell\u00e9e ce jour-l\u00e0. \u00bb<\/p>\n<p>Leur collaboration se poursuivra de plus belle dans les mois suivants, se cristallisant dans un projet qui fera tache d\u2019huile dans les annales de la musique qu\u00e9b\u00e9coise : L\u2019Infonie. R\u00e9sultante d\u2019un spectacle \u00e0 l\u2019Expo entre un premier groupe de musiciens associ\u00e9s \u00e0 Boudreau et un second, le l\u00e9gendaire Quatuor de jazz libre du Qu\u00e9bec (QJLQ), ce collectif s\u2019\u00e9tait r\u00e9uni en studio en 1968 pour graver le premier de quatre albums, le d\u00e9sormais mythique <em>Volume\u00a03<\/em>. Pour Duguay, cette aventure musicale \u00e9tait rien de moins qu\u2019inou\u00efe.<\/p>\n<p>\u00ab Je ne connaissais aucun groupe \u00e0 l\u2019\u00e9poque qui parcourait autant de terrain. On pouvait passer de Bach au free jazz, d\u2019un rock progressif au contemporain dans une m\u00eame performance. On me corrigera, mais je ne crois pas qu\u2019il y ait eu une autre formation depuis, ici ou ailleurs, qui ratissait tous les styles comme \u00e7a. \u00bb Somme toute, c\u2019est cette vision \u00e0 360 degr\u00e9s qui, pour lui, rendait cette p\u00e9riode si magnifique, chose qui lui manque un peu de nos jours, o\u00f9 tout un chacun fait sa petite affaire dans sa cour.<\/p>\n<p>Comme tous les t\u00e9moins de l\u2019\u00e9poque, l\u2019Expo\u00a067 demeure pour lui un tournant pour le Qu\u00e9bec. \u00ab Le d\u00e9cloisonnement n\u2019a pas eu lieu cette ann\u00e9e-l\u00e0, pr\u00e9cise-t-il, mais l\u2019\u00e9v\u00e9nement a quand m\u00eame servi de d\u00e9clencheur pour toutes les transformations sociales qui viendront par apr\u00e8s. \u00bb Un grand moment, certes, mais comme son vieil ami, Duguay n\u2019est en rien proustien, car il ne recherche pas le temps perdu. Le regard r\u00e9solument braqu\u00e9 sur le pr\u00e9sent, il compte jouir pleinement de toutes les possibilit\u00e9s que chaque nouveau moment lui offre. Loin de se la couler douce, il s\u2019affaire \u00e0 un projet qui lui tient vraiment \u00e0 c\u0153ur, une \u0153uvre qu\u2019il appelle <em>L\u2019\u00c9toile<\/em>, une production multim\u00e9dia qui sera traduite en musique et en mots \u00e0 partir d\u2019une repr\u00e9sentation picturale. Mais cela est une autre histoire&#8230;<\/p>\n<h3>Guy Thouin<\/h3>\n<div id=\"attachment_344114\" style=\"width: 416px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Guy-Thouin_BW.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-344114\" class=\" wp-image-344114\" src=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Guy-Thouin_BW-300x300.jpg\" alt=\"Guy Thouin\" width=\"406\" height=\"406\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-344114\" class=\"wp-caption-text\">Guy Thouin<\/p><\/div>\n<p>\u00ab Il faut comprendre que nous \u00e9tions des marginaux \u00e0 cette \u00e9poque, d\u00e9clare le batteur Guy Thouin, on n\u2019\u00e9tait pas les bienvenus dans la sc\u00e8ne du jazz : on \u00e9tait en dehors du circuit pour ainsi dire. \u00bb En tant que dernier survivant des membres fondateurs du QJLQ, Thouin n\u2019avait jamais fait ses armes dans le milieu, apprenant son m\u00e9tier sur le tas au gr\u00e9 des engagements. En 1967, il se ligue avec le saxophoniste Jean Pr\u00e9fontaine dans un premier quartette avec guitariste, ce dernier remplac\u00e9 par le trompettiste Yves Charbonneau durant l\u2019\u00e9t\u00e9, consacrant ainsi la mise en \u0153uvre du premier groupe de free jazz \u00adqu\u00e9b\u00e9cois. Unique en son temps, le QJLQ s\u2019inspirait de mod\u00e8les am\u00e9ricains (Cecil Taylor, Archie Shepp) qui suscitaient beaucoup de controverse. La collaboration \u00e9ventuelle du quatuor avec Robert Charlebois rehaussera son profil, comme sa pr\u00e9sence au sein de l\u2019Infonie.<\/p>\n<p>Cela dit, le groupe en \u00e9tait encore \u00e0 ses premiers soubresauts en 1967. \u00ab J\u2019avais un appartement, rue Papineau, se rappelle le batteur, c\u2019\u00e9tait notre local de r\u00e9p\u00e9tition. On y jouait constamment. Il y avait m\u00eame des gens de New York qui passaient chez moi. Noah Howard (un saxo alto qui se fera conna\u00eetre par des disques de l\u2019\u00e9tiquette d\u2019avant-garde ESP) est venu; il m\u2019a m\u00eame invit\u00e9 \u00e0 travailler avec lui l\u00e0-bas, mais je n\u2019y ai pas donn\u00e9 suite. Le quatuor a commenc\u00e9 \u00e0 se produire r\u00e9guli\u00e8rement en public \u00e0 l\u2019automne, d\u2019abord \u00e0 la Casa Pedro (ou Espagnole), rue Sherbrooke, puis au Baril, rue de la Montagne, rare lieu \u00e0 pr\u00e9senter la musique free.\u00a0\u00bb Thouin conserve un souvenir particuli\u00e8rement fort de ce second endroit parce qu\u2019il y a entendu le plus radical des saxophonistes am\u00e9ricains, Albert Ayler, accompagn\u00e9 de son propre groupe. \u00ab\u00a0Il avait un son incroyable et si puissant, je n\u2019avais jamais entendu \u00e7a avant et on \u00e9tait tous boulevers\u00e9s; il semblait jouer devant des milliers de gens alors que la salle \u00e9tait presque vide. \u00bb<\/p>\n<p>Influenc\u00e9 fortement par les philosophies de l\u2019Inde, tr\u00e8s en vogue \u00e0 l\u2019\u00e9poque, Thouin s\u2019est exil\u00e9 l\u00e0-bas durant les ann\u00e9es 1970, manquant ainsi les changements qui ont largement transform\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise. De nos jours, Thouin maintient une certaine activit\u00e9 musicale, travaillant surtout chez lui en duo avec F\u00e9lix-Antoine Hamel, \u00adsaxophoniste d\u2019une jeune g\u00e9n\u00e9ration d\u2019improvisateurs locaux et ancien collaborateur \u00e0 la section jazz. (On peut entndre leurs s\u00e9ances hebdomadaires <em>From the Basement<\/em>, Guy Thouin Heart Ensemble, diffus\u00e9es sur SoundCloud).<\/p>\n<p>En consid\u00e9rant la sc\u00e8ne actuelle des musiques improvis\u00e9es, Guy Thouin n\u2019envie aucunement les jeunes qui s\u2019y adonnent. \u00ab Il y a bien plus de musiciens maintenant et c\u2019est rendu beaucoup plus comp\u00e9titif que par le pass\u00e9. Les musiciens de jazz ont toujours \u00e9t\u00e9 individualistes et c\u2019est encore plus vrai aujourd\u2019hui, il me semble. Ce qui me frappe aussi, c\u2019est la difficult\u00e9 de constituer un groupe fixe et de cr\u00e9er son identit\u00e9 musicale en travaillant \u00e0 fond ensemble. Tout le monde est oblig\u00e9 de s\u2019\u00e9parpiller, juste pour joindre les deux bouts. Le m\u00e9tier n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 facile, il l\u2019est encore moins aujourd\u2019hui. \u00bb<\/p>\n<div id=\"attachment_344116\" style=\"width: 486px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Pierre_Leduc_EXPO_FEATURE_BW.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-344116\" class=\" wp-image-344116\" src=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Pierre_Leduc_EXPO_FEATURE_BW-300x200.jpg\" alt=\"Pierre Leduc\" width=\"476\" height=\"317\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-344116\" class=\"wp-caption-text\">Pierre Leduc<\/p><\/div>\n<h3>Pierre Leduc<\/h3>\n<p>En d\u00e9cembre dernier, le pianiste Pierre Leduc donnait une de ses rares prestations publiques depuis sa retraite en 2015, apr\u00e8s une trentaine d\u2019ann\u00e9es d\u2019enseignement \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al. Musicien professionnel depuis la fin des ann\u00e9es 1950, il connut les belles nuits des clubs \u00admontr\u00e9alais des ann\u00e9es 1960, agissant souvent comme accompagnateur d\u2019invit\u00e9s de marque, \u00e0 une occasion le l\u00e9gendaire Coleman Hawkins, \u00e0 une autre le jeune trompettiste audacieux Don Ellis. Comme ses pairs, l\u2019Expo\u00a067 lui a fourni une manne de travail, autant sur son site que dans les bo\u00eetes du centre-ville. M\u00eame si ses souvenirs se sont estomp\u00e9s avec le temps, il se rappelle un concert avec le trompettiste vedette Freddie Hubbard et le batteur Louis Hayes. \u00ab Brian Barley faisait partie du groupe et il avait vraiment impressionn\u00e9 Hubbard en d\u00e9chiffrant \u00e0 vue une de ses partitions assez complexes \u00bb, raconte-t-il dans une correspondance r\u00e9cente. V\u00e9ritable l\u00e9gende du jazz canadien, Barley \u00e9tait un clarinettiste virtuose de formation classique qui avait adopt\u00e9 le \u00adsaxophone t\u00e9nor pour faire ses armes en jazz. Toutefois, ce grand espoir disparut bien avant son temps en 1971 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 28 ans, apparemment victime d\u2019une crise d\u2019\u00e9pilepsie, cons\u00e9quence d\u2019un accident de voiture. Durant son court s\u00e9jour en ville (il quitta notre m\u00e9tropole pour Toronto en 1970), Barley laissa plusieurs traces, entre autres, deux disques aux c\u00f4t\u00e9s de Maynard Ferguson (de passage dans sa ville natale) et un troisi\u00e8me en quartette, sous la direction de Leduc, tous publi\u00e9s \u00e0 l\u2019origine par Radio-Canada International. Seuls\u00a0les deux premiers albums seront r\u00e9\u00e9dit\u00e9s en format compact dans les ann\u00e9es 1990, chez Justin Time Records dans sa s\u00e9rie anthologique <em>Just a Memory<\/em>.<\/p>\n<p>Leduc, pour sa part, a aussi particip\u00e9 \u00e0 la s\u00e9rie de concerts mont\u00e9e par Walter Boudreau au pavillon de la Jeunesse, leur collaboration aboutissant \u00e0 l\u2019enregistrement de l\u2019unique disque de jazz du jeune chef de groupe \u2013 album jamais r\u00e9\u00e9dit\u00e9 et consid\u00e9r\u00e9 comme pi\u00e8ce de collection. Par la suite, il continuera son travail de jazzman avant de se consacrer davantage au travail en studio, comme arrangeur d\u2019enregistrements de musique populaire et compositeur de trames sonores pour la t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p>Comme enseignant, Pierre Leduc a pu contribuer activement \u00e0 la formation d\u2019une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de musiciens, ce qui lui permet de faire la part des choses. \u00ab La grande diff\u00e9rence entre les deux \u00e9poques se situe sur le plan des \u00adoccasions de travail : autrefois, on trouvait beaucoup plus de clubs que maintenant, le travail \u00e9tait r\u00e9gulier, on pouvait en vivre. Quand je regarde les jeunes musiciens, j\u2019ai eu le bonheur de travailler avec nombre d\u2019entre eux, m\u00eame s\u2019ils n\u2019ont pas tous \u00e9t\u00e9 mes \u00ad\u00e9tudiants \u2013 je pense \u00e0 Andr\u00e9 Leroux, Jean-Pierre Zanella, R\u00e9mi Bolduc&#8230; Ils ont les m\u00eames ambitions, les m\u00eames passions que nous, les plus vieux. Leur talent nous \u00e9blouit. Ils sont devenus les figures marquantes de la musique de jazz au Qu\u00e9bec. Et eux, \u00e0 leur tour, seront notre fiert\u00e9. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 29 octobre 1967, \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de cl\u00f4ture de l\u2019Exposition universelle de Montr\u00e9al, le commissaire g\u00e9n\u00e9ral Pierre Dupuy terminait son discours en d\u00e9clarant : \u00ab Mission accomplie ! \u00bb Un demi-si\u00e8cle plus tard, les t\u00e9moins de l\u2019\u00e9poque sont unanimes : l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00e9tait \u00e0 la hauteur de sa mission de c\u00e9l\u00e9brer l\u2019humanit\u00e9 dans sa diversit\u00e9.<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/marc-chenard\/terre-des-hommes-50-ans-tard-il-etait-une-fois-lexpo\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":2781,"featured_media":344105,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[30265,17039,17283],"tags":[31006,31242,30145,31241,16839],"class_list":{"0":"post-344118","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-150-375-fr","8":"category-entrevues","9":"category-avant-garde","10":"tag-expo-67","11":"tag-guy-thouin","12":"tag-pierre-leduc-fr-2","13":"tag-raoul-duguay","14":"tag-walter-boudreau","15":"type-article-fr","16":"type-entrevue","17":"volume-volume-22","18":"issue-vol-22-issue-7-fr","19":"section-articles-de-fond"},"acf":[],"aioseo_notices":[],"multi-rating":{"mr_rating_results":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344118"}],"collection":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2781"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=344118"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/344118\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/344105"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=344118"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=344118"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=344118"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}