{"id":1081966,"date":"2025-04-03T13:54:20","date_gmt":"2025-04-03T17:54:20","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/?p=1081966"},"modified":"2025-04-03T13:54:20","modified_gmt":"2025-04-03T17:54:20","slug":"critique-de-disque-matthias-goerne-chostakovitch-melodies-tardives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/john-gilks\/critique-de-disque-matthias-goerne-chostakovitch-melodies-tardives\/","title":{"rendered":"Critique de disque | Matthias Goerne, Chostakovitch : m\u00e9lodies tardives"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><b><i>Chostakovitch\u00a0: Suite sur des vers de Michel-Ange, Octobre<\/i><\/b><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Matthias Goerne, baryton; Orchestre philharmonique de Radio France; Mikko Franck, chef<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Alpha Classics, 2025<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ce nouvel enregistrement du baryton <a href=\"https:\/\/matthiasgoerne.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Matthias Goerne<\/a> et de l\u2019Orchestre philharmonique de Radio France dirig\u00e9 par <a href=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/pietro-freiburger\/cd-review-debussy-cest-lextase-la-mer-alpha-2023\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Mikko Franck<\/a> contient deux \u0153uvres tardives de Chostakovitch. La premi\u00e8re et la plus importante est la <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Suite sur des vers de Michelangelo Buonarroti<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, op. 145a. Elle a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9e en 1974, peu avant la mort du compositeur, et pr\u00e9sente onze textes de Michel-Ange traduits en russe. \u00c0 l\u2019origine, elle \u00e9tait \u00e9crite pour voix et piano, mais le compositeur a ensuite cr\u00e9\u00e9 la version orchestrale que l\u2019on entend ici.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le tout est tr\u00e8s Chostakovitch et un peu sombre. Le compositeur a donn\u00e9 des titres \u00e0 tous les morceaux (qui, \u00e0 l\u2019origine, n\u2019\u00e9taient d\u00e9sign\u00e9s que par leur premi\u00e8re ligne) : \u00ab\u00a0Col\u00e8re\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Aux exil\u00e9s\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Mort\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0\u00c9ternit\u00e9\u00a0\u00bb. La plupart du temps, ce que nous entendons de l\u2019orchestre est un Chostakovitch d\u2019humeur sombre, voire col\u00e9rique. Il y a beaucoup de cordes graves inqui\u00e9tantes et de passages o\u00f9 les cuivres \u00e9clatants se m\u00ealent aux timbales ou encore o\u00f9 les cordes aigu\u00ebs se battent en duel avec les percussions accord\u00e9es. L\u2019utilisation de la voix va dans le m\u00eame sens. La plupart du temps, elle est assez emphatique et se situe assez bas. Parfois, les voix ne sont pas accompagn\u00e9es ou sont tr\u00e8s peu marqu\u00e9es. Tout n\u2019est pas t\u00e9n\u00e9breux, cependant. Le deuxi\u00e8me po\u00e8me, \u00ab\u00a0Matin \u00bb, re\u00e7oit un traitement plus rapide et plus l\u00e9ger, presque nostalgique, et dans \u00ab Nuit \u00bb, il y a une belle \u00e9criture lyrique pour les cordes et la voix. Et puis, il y a une surprise \u00e0 la fin. Le dernier po\u00e8me, \u00ab \u00c9ternit\u00e9 \u00bb, est tout \u00e0 fait inattendu, avec un jeu tr\u00e8s enjou\u00e9 du piccolo, beaucoup de percussions lumineuses et joyeuses et une ligne vocale plus l\u00e9g\u00e8re et plus rapide avant un fondu encha\u00een\u00e9 silencieux.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La suite est tr\u00e8s bien interpr\u00e9t\u00e9e. Goerne est pr\u00e9cis et adapte la couleur de sa voix \u00e0 l\u2019atmosph\u00e8re du texte et de la musique de mani\u00e8re convaincante. Les tempos de Franck sont appropri\u00e9s et l\u2019orchestre produit le son que l\u2019on attend de Chostakovitch. Les cordes sont capables d\u2019un <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">legato<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> lugubre, mais s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e9galement jusqu\u2019aux effets presque percussifs requis \u00e0 certains moments. Les bois sont excellents et l\u2019explosion des cuivres r\u00e9pond aux attentes, m\u00eame si ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait avec l\u2019agressivit\u00e9 des anciens enregistrements de la Philharmonie de Leningrad. Les percussions sont tr\u00e8s sollicit\u00e9es. Tout est parfaitement bien rendu.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le deuxi\u00e8me morceau est <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Octobre, <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">op. 131, un po\u00e8me symphonique beaucoup plus court. Il s\u2019agit d\u2019une commande de 1967 pour le 50<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> anniversaire de la r\u00e9volution d\u2019Octobre et probablement l\u2019une des derni\u00e8res \u0153uvres \u00ab\u00a0officielles\u00a0\u00bb du compositeur. Honn\u00eatement, elle ressemble beaucoup \u00e0 d\u2019autres de ces \u0153uvres de Chostakovitch et on ne sait jamais trop s\u2019il se parodie lui-m\u00eame. L\u2019\u0153uvre commence de mani\u00e8re assez sombre, puis comporte une section de confrontation plus intense, suivie d\u2019un lyrisme tendu, jusqu\u2019\u00e0 ce que la liesse prol\u00e9tarienne \u00e9clate \u2013 d\u2019abord sous la forme d\u2019un petit air joyeux, puis avec un finale \u00ab\u00a0triomphaliste\u00a0\u00bb classique, avec beaucoup de cuivres et de percussions. La conclusion est \u00e0 mi-chemin entre une marche et un galop. Tout \u00e0 fait typique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019enregistrement est clair et \u00e9vite tout d\u00e9bordement, m\u00eame dans les passages les plus denses. Dans la suite Michelangelo, la voix est bien \u00e9quilibr\u00e9e vers l\u2019avant, mais sans exc\u00e8s. L\u2019enregistrement est disponible sous forme physique, MP3 et FLAC\/WAV aux formats 44.1\/16 et 48\/24. J\u2019ai \u00e9cout\u00e9 la r\u00e9solution num\u00e9rique standard. Le livret contient les textes complets et les traductions.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Dans l\u2019ensemble, il s\u2019agit de versions estimables de deux \u0153uvres moins repr\u00e9sent\u00e9es de Chostakovitch.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Traduction\u00a0: Andr\u00e9anne Venne<\/span><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\"  id=\"_ytid_97028\"  width=\"702\" height=\"394\"  data-origwidth=\"702\" data-origheight=\"394\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/z2AMFsnPzXw?enablejsapi=1&#038;autoplay=0&#038;cc_load_policy=0&#038;cc_lang_pref=&#038;iv_load_policy=1&#038;loop=0&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;playsinline=0&#038;autohide=2&#038;theme=dark&#038;color=red&#038;controls=1&#038;\" class=\"__youtube_prefs__  epyt-is-override  no-lazyload\" title=\"YouTube player\"  allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen data-no-lazy=\"1\" data-skipgform_ajax_framebjll=\"\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chostakovitch\u00a0: Suite sur des vers de Michel-Ange, Octobre\u00a0 Matthias Goerne, baryton; Orchestre philharmonique de Radio France; Mikko Franck, chef Alpha Classics, 2025 Ce nouvel enregistrement du baryton Matthias Goerne et de l\u2019Orchestre philharmonique de Radio France dirig\u00e9 par Mikko Franck contient deux \u0153uvres tardives de Chostakovitch. La premi\u00e8re et la plus importante est la Suite<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/john-gilks\/critique-de-disque-matthias-goerne-chostakovitch-melodies-tardives\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":39309,"featured_media":1081961,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[17038,394],"tags":[37604,21742,47226,37057,54949,18090,40890],"class_list":{"0":"post-1081966","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-critiques-de-disques-et-livres","8":"category-musique-classique","9":"tag-alpha-classics-fr","10":"tag-chostakovitch-fr-20","11":"tag-matthias-goerne-fr","12":"tag-mikko-franck-fr","13":"tag-orchestre-philharmonique-de-radio-france-fr","14":"tag-orchestre-philharmonique-de-radio-france","15":"tag-shostakovich-fr","16":"type-critique-de-disque","17":"volume-volume-30","18":"issue-vol-30-issue-6-fr","19":"section-critiques"},"acf":[],"aioseo_notices":[],"multi-rating":{"mr_rating_results":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1081966"}],"collection":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/39309"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1081966"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1081966\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1081961"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1081966"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1081966"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/aapadmin2.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1081966"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}